27 mai 2006
Le 30/04/2006 : Dans l’avion
Bon, ben voilà.
Je suis actuellement en
train de survoler la Russie, et sur la carte de mon mini-écran, on voit
Vladivostock, Sapporo et Aomori.
Ce qui veut dire, en
gros, que je suis relativement bientôt arrivé (je ne serai pas catégorique vu
que je n’ai pas de montre et qu’il n’y a l’heure nulle part dans cet avion à la
con, mais il doit rester environ 2h de vol). (voire 1h30). (en fait, j’en sais
rien).
Alors, compte-rendu de
ma journée.
Ces derniers jours,
comme j’étais malade, j’ai pas arrêté de me réveiller et de me lever plus tôt
que prévu. Aujourd’hui (euh, je veux dire le 29… vu que là, à l’heure jap’ on
doit largement être le 30 déjà) n’a pas fait exception, d’autant plus que
j’étais un peu stressé.
(Sendai est apparu sur
la carte de mon écran) (sûrement moins de 2h en fait) (je crois).
Donc ce matin, lever à
8h45 à peu près, rapide check de mes mails pour vérifier que Grégory (l’ami qui
me reçoit) a répondu à ma demande urgente de « aaaaah ! comment je fais ?!
j’arrive demain quand tu bosses, je suis perdu !! »
(Niigata est apparu, et
on va bientôt avoir les p’tits déj)
Il avait bel et bien
répondu, de manière très pro, et en proposant des solutions, mais pas de rendez-vous de la dernière chance
au cas où je foirerais les soluces alternatives… Du coup j’en ai proposé une,
vague et sans doute minable vu que je ne connais pas Tôkyô. (ou si peu)
Donc ensuite préparation
des derniers trucs, petits sandwichs, je jette les trucs qui vont se périmer
dans le frigo, coup de fil à ma mère (qui m’avait appelé plus tôt), SMS à un
pote dont c’est l’anniversaire, et on est parti !
J’ai seulement une
valise pleine à ras bord et un sac à dos pas trop plein, je suis assez fier de
moi.
Ensuite métro/RER sans
histoire, sauf, bien sûr, sur la fin. (car il est dit que quelque chose doit
toujours foirer)
Il y a 2 arrêts à
Charles-de-Gaulle, et je dois aller au 2nd. Sauf qu’au premier arrêt
*ding dong *«Gna gna, problème technique, ce RER s’arrête ici, gna gna ».
OK. Bon, le prochain…
Dans 20 minutes. Oui mais est-ce qu’il va pouvoir y aller ? Des gens
autour de moi s’agitent, demandent conseil aux agents de la RATP, puis partent
tous dans la même direction.
Bon ben on va faire
pareil, peut-être qu’on peut y aller à pied, ou quoi ?
Ah ben tiens non, y a
des navettes (en bus).
Euh mais… oula !
Tous ces gens veulent y entrer ?
(Apparition de Toyama –
Ah ? non, la carte s’est rapprochée, y a plus que Sapporo et Hakodate
maintenant).
(Ah zut, le p’tit déj,
je m’arrête)
Bon, je reprends.
(Pendant que je
mangeais, on nous a annoncé le début de la descente dans 45 min, ce qui prouve
que je suis une quiche… En même temps la première fois que je suis allé au
Japon, la descente avait duré au moins 2h ! Donc bon, on verra…)
J’ai mangé tout ce qu’il
y avait sur le plateau ou presque parce que je ne sais pas quand je pourrai
remanger (j’ai que des billets de 10000Y ! Je vais pas casser un billet de
10000Y pour un Nigiri dans un combini ! Ca la fout mal !)
(Sur la carte, on voit
plus Sapporo, mais on revoit Aomori)
Oh mon dieu ! Une
mouche dans le coca de mon voisin ! Argh ! C’est affreux !
(désolé, ça me fait penser à un sketch des Monty Python…)
Bon, avec toutes ces
interruptions, j’avance pas.
Ah oui, donc, la
navette. Premier bus, la cohue. Les gens jouent des coudes, ça crie, ça pleure,
c’est l’horreur… je suis au fond de la foule et j’ai pas avancé d’un pouce
quand le bus part, c’est mal parti. Là je me dis « ouf ! heureusement
que je suis en avance ! (pour une fois…) »
Second bus, idem.
J’arrive à entrer dans
le 3ème, parce que la foule bouche la route et du coup, le bus est oblige de
s’arrêter derrière… où je suis ! Ouf…
Bien, me voilà terminal
2F, enregistrement porte 13.
Oula, je reconnais le
lieu ! (ici, insérez souvenirs émus de mes précédents départs vers le
Japon). Oh, tiens, y a plein de japonais partout, c’est rigolo…
Bon
ensuite, entrée dans la salle d’embarquement. Là, comme toujours, je me fais
avoir parce qu’en Duty Free, y a que des trucs de luxe alors que je voudrais
simplement acheter des piles ! Bon sang, est-ce vraiment trop
demander ?
Bon,
ben tant pis. J’attends l’embarquement en mangeant mes sandwichs et en passant
un coup de fil à mon père dont c’est l’anniversaire (et non, j’ai pas fait
exprès de partir le jour de son anniversaire, et de toutes façons j’aurais pas
pu le voir vu qu’il était à Nice et moi à Paris)
Ensuite,
embarquement. Là, dans la queue, j’ai une grosse appréhension en voyant un
groupe d’ados britanniques (irlandais, anglais ou autres, je sais pas) presque
caricatural (en mal). J’espère juste très fort qu’ils ne seront pas à côté de
moi dans l’avion…
Et
ils n’y sont pas. Comme quoi hein, la loi de Murphy ne se vérifie pas toujours.
(Apparition de Misawa et Sendai, plus d’Hakodate)
Donc
dans l’avion. Je suis place 41-C, sur la droite côté couloir. A ma gauche j’ai
un couple et devant moi un gros japonais qui fait chier.
La
fille du couple (‘tain, j’ai peur qu’elle lise par dessus mon épaule alors
j’écris super mal et je me planque comme je peux) est sublime, alors que son
mec est seulement… euh… pfff… bon, ben ouais, ça peut aller, pfff…
Ils
avaient l’air vachement chiants au début mais en fait ils sont cools, ils m’ont
même proposé des chocolats, ça le fait (même si j’ai refusé, mais bon…)
(+Niigata)
Bon
à part ça je suis installé côté couloir pour pouvoir me lever quand je veux, ce
qui est assez utile dans les longs-courriers. Je vais aux toilettes vachement
souvent, même si j’ai pas envie, pour me dégourdir les jambes et m’y moucher
bruyamment (Wah ! C’est vraiment passionnant !)
Sinon…
J’ai vu 3 films : -Braqueurs amateurs avec Jim Carrey ++
-Je vous trouve très beau avec Michel Blanc ++ (même si il me
manque environ ¼ du film entre le début et le milieu)
-Jarhead avec Jake
Gyllenhaal +++
Et
puis… J’ai un peu joué, j’ai écouté de la musique (à moi, pas les radios nulles
qui passent).
J’ai
mangé japonais au repas… (poulet teriyaki)
Et
puis bon, ben… Visiblement, j’ai plus rien d’intéressant à dire.
Ah
si ! (anecdote, mais bon). J’ai regardé environ 2 films ½ en regardant
l’écran avec la tête penchée dans une mauvaise position et en voyant (-Aomori, + Iwaki) rien à cause du con de devant qui a laissé son fauteuil baissé à fond
tout le voyage (et comme il était gros en plus, eh bien ça le baissait encore
plus). Et puis au bout donc de 2 films ½, je me suis rappelé qu’on pouvait
régler le contraste et là, oh ! miracle ! J’ai vu la fin de Jarhead
clairement (mais avec la tête penchée quand même).
A
propos du voisin de devant, en m’apportant le petit déj, l’hôtesse a remarqué
qu’elle allait avoir du mal à poser mon plateau avec (+Togawa) gros et son
fauteuil penché, du coup elle a essayé de lui adresser la parole, mais il a pas
répondu alors elle m’a fait « oh, il fait dodo, je ne vais quand même pas
le réveiller » en souriant. J’ai fait « hin ! » avec un
sourire ironique, et j’ai mangé mon plateau plié en 4…
Bon
voilà, je pense que ce sera tout. Si je survis à ma première journée, je
continuerai.
Le 30/04/2006 (2): Dans le train de Narita à Tôkyô
Le train de Narita à Tôkyô, ma première photo au Japon
OK, super… Je suis dans un train, à ma droite il y a le groupe d’ados britanniques de tout à l’heure, et derrière moi des espèces de spécimens déplorables de français que j’imagine très bien comme futurs ou « jeunes » étudirants de l’INALCO (Pour dire vite, je ne les apprécie guère).
Pourquoi, exactement, est-ce que tous les jeunes occidentaux ont l’air aussi cons et ont-ils d’aussi sales gueules quand ils débarquent au Japon ? Pour les sales gueules, c’est peut-être parce que, comme moi, ils n’ont pas dormi dans l’avion…
Pour le reste, malheureusement, je n’ai pas de solution.
Vous me direz, comment étions-nous la 1ère fois que nous avons mis les pieds au Japon ? (à 16 ans…)
A mon avis, aussi cons, mais plus drôles !
Rien à dire sur l’atterrissage, très rapide, ni sur le contrôle des papiers et des bagages (sauf que ça a été tellement fluide que je ne peux pas m’empêcher de penser que je suis plus doué que d’autres… ha ha !)
Narita, c’est la campagne. Je le savais, mais c’est une chose de le savoir, et c’en est une autre de le voir…
Là on est partis depuis 5 minutes, et euh… arrêtés au milieu de la voie (on s’arrête juste au moment où je l’écris), et il y a des rizières de partout. Ni Orly, ni Roissy ne sont autant isolés, il me semble (et encore moins l’aéroport de Nice).
Mais c’est peut-être aussi parce que la campagne française a un air plus domestiqué que la japonaise, il me semble du moins (la campagne jap’ fait plus verte, peut-être parce que les rizières, c’est vraiment très vert…)
Bon sinon, pour mes premiers pas sur le sol japonais depuis 3 ans, c’était sympa. On retrouve de vieilles habitudes. Par exemple une valise s’ouvre sur le tapis de valise, hop ! 3 employés qui se précipitent pour tout ranger et le boulot de l’un d’eux à la base était de redresser les valises sur le tapis pour qu’elles prennent moins de place.
Je n’irai pas dans les clichés qui décrivent les japonais comme super méticuleux, tout ça… Je dirais plutôt qu’au niveau du service dans les entreprises, ils ont une culture (d’entreprise ?) qui pousse à l’efficacité et à la satisfaction client maximale. Hum, voilà. Mais c’est peut-être aussi parce que leurs clients y sont habitués. Enfin en tout cas, ils font ça bien.
Sinon j’avais oublié le comportement des trains (et métros) au terminus : les voyageurs descendent, des employés montent et hop ! les portes se ferment au nez de l’inconscient touriste étranger qui comptait monter. Les employés nettoient, et puis les portes se rouvrent juste avant le départ.
Et en voiture ! 1 heure de route jusqu’à Tôkyô avec des européens de tous les côtés (sauf la dame japonaise qui s’est assise à côté de moi entre-temps).
Et puis la suite, on verra plus tard.
Ah, j’ai eu Greg et ai résolu la majorité de mes problèmes : j’ai acheté une carte de téléphone à 1000Y, comme ça j’aurai de quoi appeler, et de la monnaie ! Formidable… Et puis aussi le rendez-vous que j’avais proposé au pif a été confirmé, je suis une bête.
Le 30/04/2006 (3) : Dans le Parc d’Ueno
Le dimanche au parc d'Ueno, il ya du monde...
Bien, il est environ 14h30 et j’ai rendez-vous
avec Greg à 17h30 dans ce même parc. J’ai donc du temps à perdre, visiblement.
J’ai
visité le parc dans tous les sens (et il est grand !) donc maintenant je
sais pas, je vais peut-être m’aventurer plus outre dans le quartier un peu
chicos qui se situe derrière, parce qu’il a l’air sympa.
Sinon,
je suis assez fier de moi, j’ai réussi à arriver à Ueno sans aucun souci (et en
même temps heureusement, parce que c’était pas bien dur). Par contre, réussir à
mettre ma valise dans un casier automatique, ça a été le parcours du
combattant. On aurait pu en faire un mini-jeu vidéo : « Aide Pierre à
ranger sa valise en l’aidant à résoudre les différentes énigmes ».
Alors
les grands casiers, c’est 500 Y la journée, et il faut mettre des pièces. J’ai
que 200 Y en pièces, ça suffit pas. (je pourrais demander à un commerçant de me
faire la monnaie, mais l’ampleur de la tâche me paralyse – et surtout je sais
pas comment le dire) A la place, je vais acheter un truc. Ah, y a une
librairie ! Eh bien un manga ! Très bien un manga : 400 Y à peu
près, je lui file 1000 Y et j’aurai mes 500 Y en pièces ! Aussitôt dit,
aussitôt fait, je récupère le 1er volume de la nouvelle série
d’Adachi Mitsuru et m’en retourne vers mes casiers.
Bon,
problème. Ces saloperies ne prennent que les pièces de 100… En plus sur les
jolis dessins d’explication, ils montrent que la clé est censée se trouver sur
la casier à la base, si je comprends bien, mais je ne vois aucun casier avec
une clé !
Mmh…
Bon… Ici je suis visiblement à la sortie la plus fréquentée de la gare, si
j’essaie une autre sortie y aura peut-être des casiers avec des clés (sur le
papier on dirait que je suis super réactif et tout, mais en vrai, c’est bien 5
ou 10 minutes de tournage en rond et d’atermoiements ça).
Donc
je me déplace, je cherche un peu et là, oh ! Fantastique ! Des
casiers avec des clés, plein de clés !
Bon
maintenant, les pièces… Je vais trouver un truc dans les 100 Y et quelques,
genre une boisson dans un distributeur, je vais casser ma pièce de 500 et avec
mes 2x100 de départ, ce sera opé !
Sur
ce je vais à la recherche d’un distributeur. Y en a partout au Japon. Vraiment
partout. Sauf là, visiblement. Je tourne, je tourne et dépité je retourne en
arrière et là… oh, ben y en avait un juste à côté de mes casiers avec des clés,
ah bah ça alors, ha ha…
Après
ça, c’est du gâteau ! Valise dans casier, pièces dans trou, clé tournée,
clé dans poche et on est parti pour la parc !
Et
me voilà, quelques 4h plus tard… Il est 15h, plus que 2h30 à attendre !
(Ah, dormir !)
Autour du parc, c'est sympa aussi...
A Ueno le dimanche, y a des papis et des mamies en goguette...
Le 02/05/2006 : Dans le train pour Kamakura (avec un changement à Ôfuna d’abord)
Bien,
aujourd’hui j’ai décidé plus ou moins sur un coup de tête d’aller à Kamakura.
Et il pleut…
Alors, je m’étais arrêté au parc
d’Ueno. J’ai retrouvé Grégory sans difficulté, on est allé chez lui, je ne
décrirai pas le fonctionnement de sa résidence puisqu’il l’a déjà fait dans son
blog…
Sinon j’ai aussi vu Sarah, qui habite
dans la résidence d’à côté, une amie de Greg de l’INALCO (et par extension, une
amie de moi aussi). On a mangé vite fait et puis on est allé rejoindre ses
colocs coréens pour boire un coup, c’était sympa, et on s’est couché tard.
Ensuite j’ai assez mal dormi (comme
d’habitude au Japon, pas de volets), mais c’est pas grave.
Hier, le premier (jour de mai), je me
suis fait une grosse ballade dans Tôkyô.
D’abord je suis allé de chez Greg
(Uguisudani) à Asakusa à pied, pour visiter. Je suis tombé sur le Sensoji par
hasard, qui est l’un des plus gros et célèbres temples de Tôkyô. Quand je suis
arrivé, vers 9h30 par là, il n’y avait pas un chat et je me suis dit
« wah, y a un super temple rien que pour moi, ça va être
cool ! » J’ai commencé à prendre 2, 3 photos, ma batterie est tombée
à plat, je suis allé acheter des piles et quelques bricoles et quand je suis
revenu… La foule !
J’étais un rien dégoûté… Mais bon, c’était un jour à
moitié férié, donc il fallait s’y attendre (à moitié car tous les magasins
étaient ouverts) (et les étudiants, lycéens… étaient en cours. En fait, ça ne
concernait que les salariés on dirait).
Le Sensôji tôt le matin : oh, y a personne !

Le Sensôji, un peu plus tard : oh, mais y a du monde !
J’ai malgré cela beaucoup aimé Asakusa, ça fait
partie de l’ancienne Shitamachi, la ville populaire, et ça se sent pas mal si
on s’éloigne un peu du coin à touristes…
Ensuite je suis parti à pied d’Asakusa à Ueno pour
récupérer une ligne de train JR, que je ne paie pas donc.
En chemin, je me suis arrêté à un petit resto de
râmen pour bouffer (et à un Book Off pour acheter des mangas aussi, mais ça on
s’en fout). C’était non seulement bon et pas cher, mais en plus copieux et
sympa ! Que demande le peuple…
C’était un de ces restos où en fait il y a une sorte
de distributeur à l’entrée où on choisit son plat et on paie en échange d’un
ticket, ticket qu’on amène aux gens du resto qui vous font le plat en échange
(c’est un truc pour gens pressés). Bon moi je savais pas donc je suis entré et
j’ai avancé directement, mais une dame m’a expliqué comment faire, donc je suis
retourné au truc, j’ai pris un truc de râmen plus ou moins au pif et je suis
revenu avec mon ticket. Elle l’a regardé et m’a demandé si j’aimais vraiment le
nattô vu qu’il y en avait dans le menu, j’ai fait « ah ! euh, ben
non ! » et du coup elle m’a proposé du katsu en échange, très
gentiment (bon, même si il y avait un bonus de 50Y à payer).
Enfin du coup j’ai mangé pour 580Y un bol de râmen
avec à côté un bol de riz, du chou, et du porc pané…
Petite réflexion sur l’accueil au Japon : les
japonais sont très accueillants… surtout dans les endroits sans
touristes ! Franchement, j’en suis de plus en plus persuadé.
Dans les coins à touristes, c’est plutôt du genre
soit ils t’ignorent totalement, soit ils ont l’air de dire « ‘tain, encore
un Gaijin venu nous piquer nos filles » et te regardent un peu avec
dédain.
Dans les coins sans touristes, c’est plutôt
soit : « Oh, regarde ! un Gaijin ! Quoi ? Mais qu’est-ce qu’il fait là, il
est paumé ? » et puis ils te font un sourire timide, soit « hé,
en voilà un courageux ! » et ils sont cools, soit encore « oh
mon dieu chéri ! Un étranger devant la maison ! Vite va voir ce qu’il
fait là, il va peut-être nous attaquer, ça peut être dangereux ». Dans
tous les cas, c’est en tout cas plus positif !
Donc ensuite direction Ueno et ligne Yamanote jusqu’à
Shinjuku ! De là j’avais l’intention de marcher jusqu’à Harajuku en
passant par le parc de Yoyogi.
Bon au final c’est ce que j’ai fait, mais ça m’a
pris beaucoup plus longtemps que prévu… En effet, en arrivant à Shinjuku j’ai
remarqué qu’il y avait un Shinjuku Gyôen (un parc donc) dont j’ignorais
l’existence donc j’ai voulu essayer d’y aller… Sauf que…
L’entrée
au Shinjuku Gyôen était payante… Bon, et je me suis un peu paumé, aussi.
Ca m’a pris 2h30 pour faire un trajet
qui dure 4 minutes sur la ligne Yamanote…

Le parc de Yoyogi avec un building en fond. (et aussi,
mais on le voit mal, un mec en train de méditer debout)
Donc
le Yoyogi kôen, toujours très beau, et ensuite Harajuku, je n’y suis pas resté
très longtemps, juste un petit séjour au Book Off et hop ! On rentre à la
maison.
J’ai quand même eu l’occasion de
revérifier les ravages de la mode chez les jeunes tokyôïtes (déjà la veille au
parc d’Ueno j’avais eu un échantillon, à tel point que, quand au bout de près de
5h de ballade et d’attentes dans les environs, j’ai enfin vu un couple de
jeunes habillés ‘normalement’, j’ai failli pleurer et courir les embrasser).
Bon, à Harajuku c’est un peu différent, parce qu’il y a aussi les déguisés qui
sont tellement outranciers que ça dépasse le ridicule pour entrer dans la
catégorie « curieux ». Mais il y avait quand même de bons spécimens
de Fashion Victims.
Je ne suis pas encore allé à Shibuya
vous me direz… Eh ben je pense que je vais m’en passer !
Le 03/05/2006 : Chez Grégory
Donc hier j’étais dans le train pour Kamakura, et il
pleuvait.
Et il a plu toute la journée, mais
c’est pas grave ! Parce que Kamakura, c’est bien…
Franchement, c’est vraiment super joli.
C’est une ville historique, ancienne capitale shogunale de la fin du XIIème au
milieu du XIVème siècle. C’est aussi là qu’on trouve le plus grand bouddha à
ciel ouvert du Japon, mais ça j’y reviendrai plus tard.
Donc je suis descendu du train à la
station Kita-Kamakura (ou Kamakura-nord) et je suis allé directement visiter le
Engaku-ji qui, comme son nom l’indique, est un temple (le suffixe –ji = temple
– comme ça je serai pas obligé de le repréciser à chaque fois !)
C’était vraiment très beau, même dans
les coins un peu paumés où visiblement je n’avais pas vraiment
le droit d’aller (quand on se retrouve dans un potager, c’est qu’on a dû
prendre un mauvais tournant quelque part…)
En fait le domaine du temple est
agrémenté de plusieurs petits temples éparpillés dans les collines alentours
(un peu dans le style de Nikkô, mais en plus petit – si vous n’êtes jamais
allés à Nikkô, eh ben… je sais pas quoi dire). Et dans l’enceinte même du lieu
de visite, il y a des propriétés privées, ou des temples interdits d’accès aux
visiteurs (les temples sont privés aussi, logiquement).
Le Engaku-ji... Olala, comment c'est joli !
Donc après le Engaku-ji je suis allé au
Kenchô-ji, éloigné d’une vingtaine de minutes à pieds du précédent.
Il était un peu dans le même type de
configuration que le premier, et était plutôt sympa aussi, même si trouver un
terrain de football entre deux temples, ça fait un peu bizarre… Sinon
possibilité de grimper en haut d’une colline (et c’est sportif !) pour
profiter d’un très joli paysage.
Un petit coin de verdure au Kenchô-ji
Après avoir fait le Kenchô-ji, je me
suis aperçu que ces visites m’avaient bouffé une bonne partie de la journée, vu
que je voulais partir de Kamakura vers 4h et qu’il était déjà quelque chose
comme 2h30… (je devais rentrer avant 6h pour ouvrir la porte à Greg, vu que
j’avais ses clés)
Alors j’ai décidé d’aller au plus
précis et j’ai pris le chemin qui me semblait le plus court pour aller au grand
bouddha (au final, je suis pas persuadé que ce chemin était vraiment plus court
que les autres…). Après environ une heure de marche, je suis arrivé au bouddha,
qui était plus petit que je ne le pensais, j’y suis resté 10 minutes le temps
de prendre 3 photos (en même temps, une fois qu’on l’a vu, on va pas passer des
heures à s’extasier devant) et puis je suis rentré au pas de course.
Le bouddha. Oui bon, il est quand même assez grand...
Voilà et puis sinon le soir on est allés
au karaoke après manger avec Sarah et Greg. Le premier karaoke du séjour, mais
pas le dernier ! Pas moyen !
(oui,
je suis fan de karaoke)
Demain, LOGIQUEMENT, je pars dans le
Nord, avec une première étape à Hiraizumi, qu’il paraît que c’est joli…
Aujourd’hui, je devais me rendre au bureau de l’association des auberges de jeunesse pour prendre une carte qui me permettrait de payer les auberges moins cher… Si je peux, vu que Greg est parti en prenant les clés, et je ne me souviens plus si il doit revenir dans la journée ou pas… (peut-être qu’il bosse pas, et peut-être que si ? Il avait une réunion au boulot, ça je sais, mais après ? Bon ben, on verra bien…)
28 mai 2006
Le 04/05/2006 : Dans le train d’Ueno à Ichinoseki
Hier, ça a été
une belle journée de merde, une de celles qu’on devrait vivre plus souvent
histoire de se rappeler qu’on est faillible.
Bon
alors déjà je n’ai pas obtenu ma carte pour les auberges de jeunesse car je
n’ai jamais retrouvé l’agence, en parcourant le quartier pendant 2
heures et en regardant bien tous les plans (et il y en a beaucoup des plans au
Japon, ne serait-ce qu’à cause des adresses à la con…)
Ensuite
je devais appeler Grégory pour qu’on se retrouve à Akihabara. J’avais bien
vérifié en partant que j’avais ma carte de téléphone, et je l’avais bel et bien
avec moi… Mais pas son numéro ! (c’est ici qu’on se rend compte à quel
point on est devenus dépendants des moyens de communication modernes…)
Du
coup je suis revenu piteusement chez lui et j’ai dû attendre qu’il regarde par
la fenêtre en bas de l’immeuble vu que pas de clés et pas d’interphone…
Donc
ensuite on est allé faire deux courses à Akihabara avec Sarah, on est rentré et
on a mangé des râmen en bas de chez eux (c’est rigolo de voir à quel point ils
se sont intégrés à la vie du quartier).
Après
ça je les ai mis à contribution pour appeler des auberges de jeunesse pour
réserver pour ma pomme (très sincèrement, je ne m’en serais pas tiré tout
seul).
Comme
cette semaine c’est la Golden Week au cours de laquelle il y a 3 jours fériés,
où tous les employés posent généralement leurs vacances, et où tout le monde
voyage en général, les 4, 5 premières auberges auxquelles on a téléphoné ont
opposé un niet définitif et invoqué des excuses plus ou moins foireuses, soit
parce qu’elles étaient complètes, soit sans doute pour ne pas accueillir de
gaijin (ça nous avait déjà fait le coup lors de notre dernier voyage au Japon).
A ce
stade-là j’étais prêt à abandonner ou à repousser mon voyage (c’est un trait de
caractère dont j’aimerais bien me débarrasser, mais j’ai énormément tendance,
confronté aux difficultés, à renoncer un poil trop facilement…), mais Greg (et
je lui en rends grâce !) a insisté pour continuer et bon ben finalement
j’ai des auberges jusqu’à mon retour à Tôkyô le 10 (bon, sauf le 9 où je suis
censé dormir dans un train).
Donc
aujourd’hui : visite de Hiraizumi, et dormage à Hiraizumi aussi (ça a
intérêt à être cool…)
Demain
je dors euh… Quelque part sur le chemin entre Morioka et Aomori (je ne me
souviens plus du nom, mais j’ai un papier avec tout écrit).
Après-demain,
je dors à Hirosaki, près d’Aomori (et de Kuroishi).
Le
7, direction Hokkaidô ! Je devrais passer une partie de la journée à
Hakodate, puis je dors plus loin sur la route vers Sapporo, à Muroran.
Le 8
c’est Sapporo, j’y dors.
Le
9, je passe la journée à Sapporo ou ses alentours, et j’en repars le soir dans
un train vers Akita (avec un changement à Aomori à 5h30, par là… ça va être
gai !)
Et
puis le 10, le matin près d’Akita, sans doute à Kakunodate qui avait l’air
sympa, et puis go ! go ! to Tôkyô !
(ensuite je devrais repartir pour Takayama, Nagoya
et Gifu).
Bon
à part ça c’est rigolo d’être de retour dans le Shinkansen. C’est toujours plus
confortable que le TGV (oh mon dieu ! de la place pour les jambes !)
(de la place si mon voisin voulait bien pousser les siennes du moins…)
Et
puis voilà. Je pars dans le Nord ! Waouh !
Hum…
Si je ne repars pas en pleurant vers Tôkyô d’ici 2 jours, ce sera déjà un beau
résultat…
[un peu plus tard]
Je
cherchais des trucs à écrire pour m’occuper, et je viens de repenser à ce que
m’a raconté Grégory avant-hier. Au boulot, ils ne sont que 3 français (Sarah,
lui, et un autre gars – oui au fait, ils bossent dans une brasserie française),
le reste du staff est composé avant tout de japonais. Donc avant-hier il
discutait avec un pote/collègue japonais, et celui-ci lui demande si il a
entendu parler du procès de Tôkyô (en employant le terme japonais que mon
copain n’a pas compris au début), et de l’amiral Tôjô Hideki.
Donc
mon copain (une fois qu’il a eu compris de quoi on parlait) lui répond que oui,
bien sûr, et que c’est parce que des coupables désignés au procès pour crime
contre l’humanité sont honorés au Yasukuni-jinja que les chinois et les coréens
râlent tous les ans lors de la visite annuelle du premier ministre japonais à
ce sanctuaire.
[en fait, ce sanctuaire est destiné à honorer
l’ensemble des soldats morts pour la patrie depuis Meiji, c’est à dire la fin
du XIXème siècle].
Donc
là le copain de Grégory le félicite et lui dit (bon, grosso modo hein)
« ah ouais, t’es étranger et pourtant tu connais… Je te parie que la
moitié des membres du staff ne savent même pas pourquoi il y a des problèmes
avec la visite au Yasukuni, et n’ont même pas entendu parler du procès de
Tôkyô. Il y en a peut-être même qui ne savent pas qui était Tôjô. » Et
donc ils ont tenté l’expérience en demandant à la 10aine de japonais qui se
trouvaient là si ils connaissaient le procès, et l’amiral Tôjô.
Et
là, eh bien constat accablant : plus de la moitié ne savaient pas ce
qu’était le procès, 1 ou 2 qui était Tôjô, et donc il y en a qui faisaient
quand ils leur expliquaient « aaah ! Mais alors c’est pour ça que la
Chine et la Corée ils ralent ?! »
C’est
assez édifiant… Je pense que si on demandait à de jeunes allemands de niveau
Bac ou à peu près ce qu’était le procès de Nuremberg et qui était Goering ou
Himmler par exemple, il n’y en a pas beaucoup qui ne sauraient pas.
Ce
Japon a toujours visiblement un problème avec son passé et sa culpabilité (avec
ça et l’histoire des « incidents à Nankin » dans les livres
d’histoire).
Si
les allemands devaient oublier, je pense que le monde se chargerait de leur
rafraîchir la mémoire. Pour le Japon, est-ce différent ?
Ca
fait à peine 60 ans, qu’est-ce que ce sera dans encore 60 ans ?
Bien sûr qu'il ne faut pas passer sa vie à culpabiliser pour ce que nos ancêtres ont fait il y a plusieurs générations, ce serait hypocrite. Mais il ne faut pas oublier... Ca m'a fait penser à l'histoire de Steevy et de Clémenceau... Pauvre con va !
29 mai 2006
Le 05/05/2006 : Dans le train de Ichinoseki à Morioka
J’ai environ ½ heure de train pour tenter de résumer mon séjour à Hiraizumi.
Alors tout d’abord d’un point de vue général : c’était plutôt pas mal, mais si je devais y retourner, je m’organiserais autrement.
Hiraizumi : une petite ville sympa. Un rien touristique, mais sympa.
Pour commencer, une seule chose à dire : le Youth Hostel (auberge de jeunesse) était SUR le territoire d’un temple. C’est à dire que normalement j’aurais dû payer 500Y rien que pour visiter l’endroit où était situé mon hôtel. C’est plutôt la classe, et en plus de ça le parc du temple était beau. (même si payer 500Y pour voir 3 édifices debout et à côté 4 ou 5 affiches avec marqué dessus « là il y avait tel édifice, mais il a brûlé en 1585 » « là il y avait tel autre édifice qui lui, a brûlé en 1223 » etc… eh bien ça doit être assez frustrant…)

Juste devant l'auberge, un cadre plutôt agréable...

Toujours devant l'auberge... Eh ben dites donc !
Sinon le reste de la ville… Bon, il y a des endroits intéressants et assez jolis, mais les sites désignés comme « à visiter » sont parfois un peu décevants. Je crois que j’ai été un peu trop impressionné par Kamakura sur ce point. Le fait qu’à Kamakura on paie 200Y pour voir le plus grand bouddha à ciel ouvert du Japon, qui a quand même une certaine classe, alors qu’à Hiraizumi on paie la même somme pour voir une espèce de mauvaise statue en cire de Minamoto no Yoshitsune (une figure importante et charismatique de l’histoire du Japon) derrière une glace joue sans doute pas mal dans mon appréciation.
Et je dois avouer que le fait que je n’aie pas eu le temps / l’occasion / l’envie de débourser 800Y (alors que les immenses temples de Kamakura sont à 300 !) pour visiter le Chûsonji qui est censé être le plus gros/beau temple de la ville a sans doute lui aussi joué.

Un beau cerisier, certes, mais surtout une splendide statue de cire
planquée pas très loin... La chance !
Ensuite, l’inconvénient majeur a été qu’à partir de 16h30 eh bien… il n’y a plus grand chose à faire, vu que les trucs à visiter (dont le Chûsonji par exemple) ferment tous à 17h.
Alors ? Prendre un bain, se balader un peu (un peu parce que ça reste une toute petite ville de campagne, et puis quand il fait nuit à 17h30/18h, c’est chaud d’aller se promener dans la nature…), aller manger… Et puis quoi ? Se mêler aux groupes de jeunes du Youth Hostel où ça parle genre « Yeah man, Japan is soo great ! » Hmm, bof… Donc bon ben, on bouquine un peu et au dodo très tôt !
C’est là qu’on mesure l’inconvénient de se balader tout seul…
Bon sinon, j’ai vu mes premiers cerisiers de l’année ! Je me doutais qu’en remontant vers le nord, j’allais les rattraper, bien que la floraison soit déjà finie à Tôkyô, mais peut-être pas si tôt. Et puis voilà, aujourd’hui, Morioka !
31 mai 2006
Le 05/05/2006 (2): Dans l’auberge de jeunesse de Kawayo Green
Une journée assez étrange…
A Morioka, au parc Iwate, y a de jolis cerisiers.
Tout d’abord Morioka, assez grosse ville provinciale, quelques jolis coins, dont le parc d’Iwate (surtout avec les cerisiers en fleurs), pas mal de « curiosités » si j’ose dire, dont "le cerisier qui fend la pierre", "l’empreinte de démon dans la pierre", "la tombe de la princesse mille-pattes", ou encore les statues des 500 disciples bouddhistes qu’il faut payer 300Y pour aller les voir, ce qui est fait en 5 minutes (ah ! prix de Kamakura, où êtes-vous ?) (ah mon dieu ! j’allais oublier le cerisier qui fait chais plus quoi, mais qui est d’une espèce inconnue et est unique au monde ! la classe…)
Les 3 rochers avec l'empreinte de la main du démon (d'où est censé venir le nom
de la préfecture : Iwate, iwa=rocher, te=main) - bon, j'ai pas vraiment vu l'empreinte...

Le cerisier d'une espèce inconnue... C'est vrai qu'il est bizarre, on
dirait un croisement entre un cerisier et un saule pleureur, non ? Un peu...
Enfin bref, la visite de cette ville aurait potentiellement pu être assez agréable, n’eut été le fait que ma recherche d’argent y a été infructueuse.
En effet, après un rapide calcul, je me suis aperçu que ma réserve d’argent liquide ne me permettrait pas de tenir jusqu’à mon retour à Tôkyô, et encore moins jusqu’à mon retour en France. Qu’à cela ne tienne, me dis-je, je vais chercher un endroit où retirer de l’argent avec ma carte bleue, comme j’avais fait il y a 3 ans.
1er problème : les distributeurs automatiques normaux qu’on trouve un peu partout refusent ma carte.
2ème problème : les banques en elles-mêmes sont toutes fermées : on est le 5/05 ! le jour de la fête des garçons, encore un jour férié…
Oh ben zut alors, c’est gênant ça… J’ai passé environ 3h à parcourir la ville en m’arrêtant à chaque distributeur.
Est-ce inquiétant ? Demain je vais à Aomori, c’est une grosse ville Aomori. Ce sera le 6/05, c’est pas férié le 6… Un samedi, certes, mais y a pas de raison, on est au Japon, pas en France…
Il y a 3 ans, j’avais retiré dans une grosse banque à Kyôto, même s’il n’y aura pas d’aussi grosse banque, y en aura quand même des grosses, j’espère…
Si je ne trouve pas d’argent, j’aurai plus qu’à rentrer à Tôkyô la queue entre les jambes sans avoir même posé un pied sur Hokkaidô. Ce serait quand même la lose.
Bon, sinon… Mon auberge de jeunesse.
Je n’avais aucune idée de l’endroit où j’allais atterrir. Eh bien on peut dire que c’est dans ce qu’il est convenu d’appeler le Japon de l’envers. Où j’irais même jusqu’à dire, le trou du cul du Japon !
Je suis dans une ferme, à 10 minutes à pied d’une gare paumée sur une toute petite ligne. Je suis le seul à être descendu du train à cette station, tous les passagers m’ont regardé avec de grands yeux, et j’ai vite compris pourquoi ! Autour de moi, le vide…
Vraiment le vide ! A Mukaiyama, il y a 10 maisons qui se courent après, c’est le genre d’endroits où on passe sans s’arrêter en voiture parce qu’on a même pas eu le temps de remarquer qu’on traversait une « commune », un endroit d’où les jeunes doivent s’enfuir en courant dès qu’ils ont atteint l’âge où ils s’aperçoivent qu’en allant vivre ailleurs ils pourront avoir… une vie par exemple. A la limite, pour les fils d’agriculteurs un peu aisés ça doit aller mais vu les alentours, si il y en a 2 c’est un miracle. Et même pas de vieilles jolies maisons en pierre comme en France…
La gare de Mukaiyama... Tellement vivant !
Pour ce qui est de la Kawayo Green Farm où se situe le Youth Hostel où je loge, ça doit être le seul endroit qui gagne sa vie dans les environs. Il y a l’auberge de jeunesse, un resto, une sorte de magasins des « produits de la ferme » si j’ai bien compris, et un rôtenburo (bain en plein air)
Ce serait presque désespérant sans le rôtenburo dont je vais faire je sens l’ouverture (19h), et la fermeture (21h30).
Une question : pourquoi il y a des vieux dans les Youth Hostel ?
Bon, tout n’est pas négatif, bien sûr. C’est vraiment joli comme coin, y a des chevaux, des cerisiers… Mais encore une fois je vois l’inconvénient de se balader seul, surtout quand on va dans des endroits paumés.
Dans des coins animés, y a toujours moyen d’aller se balader le soir, de voir des gens, tout ça. Ici, les seuls contacts possible sont les autres clients et pour l’instant c’est pas gagné. Pour le moment j’ai vu mes 2 voisins de chambrée : une sorte de jeune motard avec qui j’ai échangé un bonjour circonspect avant qu’il ne retourne jouer avec son téléphone, et un vieux qui marmonne des trucs… J’ai aussi croisé une (ou deux, j’ai pas réussi à déterminer si c’était 2 fois la même ou 2 différentes) fille(s) qui, quand je la croise, baisse la tête et émet 2, 3 sons…
Bon, peut-être que je vais sympathiser dans le rôtenburo, après tout hier c’est dans le bain que j’ai un peu discuté et sympathisé avec un de mes voisins jap.

L'auberge de Kawayo Green au petit matin.
Enfin voilà, on verra bien demain comment ça se sera passé…
Le 06/05/2006 : Dans le train de Hachinohe à Aomori (et qui repasse par Mukaiyama)
Ouep, impossible de me séparer trop longtemps de la gare de Mukaiyama… Si j’avais su que le train pour Aomori passait par ici…
Je suis entouré par, il me semble, une équipe de basket lycéen (5 mecs, 7 filles et 2 profs. Je pense que c’est du basket parce qu’ils ont un ballon, mais seulement 5 mecs ? c’est peu…)
Enfin j’ai vu plein de lycéens, pour un samedi matin ça fait un peu bizarre, et ce depuis mon train de Mukaiyama à Hachinohe, que j’ai pris vers 6h30.
Pour la fin de la soirée d’hier… Le rôtenburo était bof, et je suis resté seul du début à la fin. Y a un mec qui est arrivé avec ses 3 petites filles et qui s’est barré quand il m’a vu, et un autre qui a juste jeté un œil avant de repartir. Bien sûr, c’est quand je suis parti au bout d’une heure que j’ai vu plein de gens arriver…
Bon à part ça j’ai quand même été sévère avec Mukaiyama hier, c’est juste un petit village normal. Mais bon, je venais de revenir d’une expédition au pharmacien/tabac/épicier du village, où j’avais eu du mal à trouver un truc mangeable sans avoir besoin de le cuisiner.
Mais bon, y a quand même des villes autour, et l’étude ce matin du plan près de la gare, que je n’avais pas vu en arrivant hier, m’a révélé l’existence d’un temple et de quelques trucs potentiellement intéressants dans les environs…. Mais bon, c’était trop tard.
Maintenant, direction Aomori, en étudiant les interactions dans le club de basket. Chez les mecs, 1 plus ou moins leader, genre le rigolo de la bande, 3 assis en face qui réagissent, et un 5ème qui semble plus jeune et pas très assuré, dont les autres prennent plus ou moins soin et qui est actuellement coincé entre les 2 profs.
Chez les
filles, un groupe de 4 qui bouge pas, et un groupe de 3 qui interagit avec les
garçons. En gros ça donne :
Comment ça j’ai rien à foutre ? Euh, ben oui… Enfin ces jeunes sont rigolos, ils se foutent de la gueule des voyageurs bizarres, ils passent leur temps à sortir des trucs à bouffer et à se les passer les uns aux autres (bonjour l’hygiène sportive !), ou à chercher des subterfuges pour se les piquer. En bref, ils s’amusent bien (mais ils m’ont pas encore offert quelque chose à bouffer, c’est décevant…).
En comparaison avec les autres voyageurs, ça fait un gros changement. (les autres voyageurs, soit ils ignorent, soit ils regardent ça d’un air moralisateur et désapprobateur. Ah ! Quoique non, y a une mamie qui rigole !)
En tout cas, ça déconne et ça chahute, mais ça reste civique : toutes les 5 minutes ils se font passer un petit plastique pour jeter les déchets…
Donc ! Une fois arrivé à Aomori (à 9h19), je cherche une banque, c’est la première priorité.
Ensuite si tout va bien, je me ballade, puis je vais peut-être directement à Kuroishi, à moins que j’attende d’être passé au Youth Hostel de Hirosaki. Enfin on verra bien : si j’ai mon argent de toutes façons je me sentirai libéré !
Retour à mes basketteurs. Les gars le plus à droite du groupe de 3 s’est isolé et a mis ses écouteurs sur les oreilles. Hem… Voilà ! Mais pourquoi je raconte ça ?
En tout cas, ça bouffe toujours !
Une étrangère s’est intercalée entre l’étranger et la prof.
Enfin j’appelle ce pauvre monsieur « l’étranger », mais c’est le seul à avoir osé s’asseoir à côté de moi…
Le basketteur à côté de moi essaie de jeter un œil à ce que j’écris, mais c’est pas gagné mon gars ! Déjà c’est du français, et en plus vu comme j’écris…
Y a une autre étrangère qui s’est assise à côté de moi. Y a plus de places nulle part, c’est pour ça…
Hep ! Attendez ! Je vois des montagnes avec de la neige dessus ! Et elles ont pas l’air bien hautess… J’veux bien que je commence à être profondément dans le nord, mais quand même… Qu’est-ce que ça va être à Hokkaidô ?!
Les 2 filles les plus en face de moi passent leur temps à se marrer et à se foutre de la gueule de tout alors même que tous les autres se sont calmés.
[là j’ai gribouillé un truc que j’arrive pas à relire mais qu’a pas l’air très important]
Bon, j’ai vu la mer, on a sans doute fait plus de la moitié, je stoppe là !
01 juin 2006
Le 06/05/2006 (2) : Dans l’auberge de Hirosaki
J’ai du mal à écrire : je ne sens plus mes
mains tellement il faisait froid dehors.
Je
viens juste de rentrer, il est 19h et je mate un reportage sur des japs dans
l’espace… Ca a l’air d’être des héros.
Bon, pour finir sur mes lycéens de ce
matin, ils sont descendus à seulement 3 stations d’Aomori (à Yadamae) ce qui
fait quand même un sacré long voyage pour un match. J’espère au moins qu’ils
ont gagné !
Une amère déception m’attendait à
Aomori : les banques sont toutes fermées jusqu’à lundi ! Aaaah !
Du coup j’ai décidé de jouer le tout pour le tout : je monte jusqu’à
Sapporo lundi en serrant les dépenses au max d’ici-là. Et si lundi j’arrive pas
à retirer, eh ben… Je redescends à brides abattues sur Tôkyô !
Ah, et aussi si il faut payer un
supplément en train pour traverser jusqu’à Hokkaidô, eh ben… Hokkaidô c’est
mort. On verra bien.
Sinon… Aomori c’est un peu laid, de ce
que j’ai vu… Bon ben, y a la mer. Peut-être qu’il y a d’autres trucs aussi,
mais encore une fois ma quête bancaire m’a écarté des circuits touristiques.

Aomori, c'est moche et puis c'est tout !
Après ça je suis donc allé à Hirosaki,
où se trouve l’auberge de jeunesse. Eh bien j’aime bien Hirosaki ! La
ville n’est pas toujours très belle, mais le parc est splendide, surtout avec
les cerisiers partout. Bon par contre Golden Week(semaine de congés) + sakura
(cerisiers) + matsuri (fête populaire) oblige, c’était bondé dans la journée (ça
allait mieux le soir). Je suis déçu de ne pas avoir pu aller à Kuroishi pour
cause de finances déficientes, j’essaierai de me rattraper vite fait au retour,
si j’ai les sous et l’occasion.

Quand je dis qu'il y a du monde, c'est pas seulement pour faire mon
cake !

Les fleurs de cerisiers de Hirosaki, elles sont couma aco !
Vous le saviez ça ?
L’auberge de jeunesse est plutôt cool,
je suis même actuellement dans la salle commune, ce qui est quand même presque
exceptionnel.

L'auberge, elle est au fond de l'impasse à droite.
02 juin 2006
Le 07/05/2006 : Dans le train de Hirosaki à Aomori (puis Hakodate)
Eh bien, ma soirée d’hier s’est très bien passée et
m’a conforté dans certaines choses que je pensais.
Tout d’abord, j’étais en train de finir
d’écrire ma page d’hier quand un mec d’environ la quarantaine qui était assis
pas loin de moi a commencé à taper la tchatche avec moi (en me demandant
d’abord ce que j’écrivais), puis il a entraîné le patron et une jeune japonaise
qui se trouvait là dans une super grosse discussion sur les langues, sur la
gastronomie, m’a offert une bière, etc. C’était rigolo, et puis il s’est avéré
que le mec comme la jeune fille venaient tous deux d’Ôsaka (on l’a su en
parlant d’okonomiyaki). 1ère idée confortée : les gens du
Kansai sont (les plus ?) sympas !
Ensuite je suis allé prendre ma douche
et il y a eu une pause, et puis quand je suis revenu le mec a recommencé à
vouloir faire de grosses discutes avec un pote à lui et une jeune indienne qui
venait d’arriver dans l’auberge. Après ça on a entraîné dans la discussion un
groupe de trois vieilles dames dont l’une d’entre elles avait été en France
pour la coupe du monde (« oui, j’ai vu les buts de Zidane, et toute la
foule, c’était vraiment impressionnant »), et puis tous les gars qui
traînaient, une jeune anglaise qui a débarqué…
Enfin bref c’était plutôt marrant, ça discutait dans
tous les sens sur les voyages, le vieillissement du Japon (« le Japon n’a
pas d’avenir » il m’a dit mon pote d’Ôsaka), les mérites comparés des
cerisiers (visiblement, ceux d’Hirosaki sont très appréciés, d’ailleurs
c’est pour ça qu’il y avait tant de monde).
Pour conclure, c’était marrant et très
intéressant. C’est pour ce genre d’accueils que j’aime bien le Japon. Ah oui,
et 2ème idée confortée : c’est plus facile de sympathiser avec
les vieux qu’avec les jeunes. (je sais pas pourquoi, ça vient peut-être de moi
aussi…)
Donc une soirée très agréable, et
maintenant en route pour Hokkaidô !
Ah oui, une note sans importance que je
voulais faire : le fait de donner des noms français à des magasins est ou
a été pas mal à la mode au Japon, mais je n’en avais jamais autant vu qu’à
Aomori et Hirosaki. C’est vraiment impressionnant, à certains endroits il y en
a un tous les 10 mètres !
Hum, voilà…
03 juin 2006
Le 07/05/2006 (2) : Dans le Youth Hostel de Muroran
Je suis mort, complètement.
De 12h à 15h30 j’ai arpenté la ville de Hakodate…
pas vu grand chose d’inoubliable, mais c’est quand même pas une ville
désagréable. Bon, avec le gros sac sur le dos, c’est jamais évident non plus
(en général je pose mon sac à l’auberge avant d’aller visiter, mais quand je
loge pas dans la ville que je visite, je peux pas). Si j’ai pas le dos en
compote avant la fin…
Hakodate (son front de mer du moins) ne ressemble pas vraiment à
une ville japonaise.

On dirait plus un mélange entre un port d'Europe du Nord et une
ville coloniale, pour certains bâtiments.
Ensuite j’ai passé une heure dans un
webcafé alors que j’aurais pu aller sur internet gratuitement ce soir à
l’auberge, hem… quand ça veut pas…
Après ça, deux heures de train debout
ou assis par terre parce que plus de place en réservé, donc je suis encore plus
cassé… Juste eu le temps de discuter 5 minutes avec un canadien sympa sur la
fin.
Et puis arrivée à la gare de Wanishi
(après changement à Higashi-Muroran) à 18h50. De là normalement,
officiellement, 15 minute pour aller au Youth Hostel. Il m’en a fallu 40, dans
la nuit (elle tombe vite ici), dans une petite ville salement glauque (du moins
elle en a l’air). J’étais un poil paumé et la carte de merde devant la gare ne
m’a pas aidé DU TOUT ! En plus personne au koban (poste de police)
(« en patrouille » ouais, mon cul ! au bistrot du coin
oui !), personne dans les rues… Il a fallu que je demande mon chemin à un
monsieur et une madame qui sortaient leurs poubelles et leurs chiens, ces
derniers aboyant tellement que ces pauvres gens n’entendaient pas ce que je
disais, et le gars faisait « No, no ! Don’t speak » avec de
grands gestes de dénégation. Mais bon, finalement ils ont compris, m’ont
indiqué, et me voici !
Heureusement, le Youth Hostel a l’air
plutôt cool… Déjà j’ai une chambre pour moi tout seul ! Et une télé !
La classe ! (internet gratuit aussi du coup, mais je vais pas m’en
servir…) Je me caille un peu par contre… Et j’ai pas encore vu le bain.
Ah, la vue en plein jour doit assurer
aussi. Bon, on verra demain !

La fameuse vue le lendemain matin... Hum... Bon, ben y a la mer.

L'auberge de jeunesse, c'est le bâtiment blanc au milieu.
04 juin 2006
Le 08/05/2006 : Dans le Youth Hostel de Sapporo
Alors première nouvelle de la journée : je suis de nouveau en fonds ! Sinon je n’écrirais pas de l’auberge mais de, euh… J’en sais trop rien.
Comme une bonne nouvelle ne vient
jamais seule, en plus Sapporo c’est sympa et j’ai payé 1000Y de moins à
l’auberge parce qu’ils n’ont pas pensé à vérifier si j’étais membre de
l’association des auberges de jeunesse.
Bon sinon… Alors ce matin je suis donc
parti de Youth Hostel de Muroran vers 9h15, j’ai eu mon train à 10h20 (pour
faire une seule station, et je l’ai attendu près de ¾ d’heure… J’aurais mieux
fait d’y aller à pied.)
Donc ensuite départ pour Sapporo, j’y
arrive vers 12h, je cherche une banque, j’en trouve une, je m’y renseigne et on
me dit « ah mais faut aller aux distributeurs automatiques des bureaux de
poste ! ». Donc j’y vais et là, oh miracle ! Ca marche !
Du coup j’appelle Grégory pour lui
confirmer que je ne reviens bien à Tôkyô que le 10, et il me fait « au
fait, t’as eu mon mail où je te disais d’essayer les bureaux de poste pour
retirer ? » Ha ha…
Bon en tout cas, je suis sauf. Pour
fêter ça je suis aller me manger un curry ! Donc ensuite l’auberge de
jeunesse, beaucoup plus grande que d’habitude. J’ai encore une chambre pour moi
tout seul, mais pas de télé (oooh…)
Je pose mon sac, et je pars me balader.
Donc Sapporo, pas une ville très
originale, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais elle reste agréable. Le
campus de l’université en particulier donne sacrément envie d’y étudier (mais
aussi aujourd’hui il faisait beau… sous 3 mètres de neige c’est peut-être un
peu moins agréable). Comme j’étais pas mal crevé je ne suis malgré tout pas
resté longtemps dehors et je suis rentré assez rapidement.

Près de l'université, c'est plutôt sympathique. Enfin moi je trouve en
tout cas.
Ah ! J’allais oublier ma rencontre
avec euh… je serais prêt à dire un fou mais je suis pas tout à fait certain
qu’il l’était vraiment (mais il en avait l’air). En tout cas je marche
tranquillement près de la gare, et tout à coup un jap’ me croise, m’aperçoit et
commence à me parler tout d’un coup et très, très vite en japonais.
Je n’ai pas tout compris à son discours
mais en gros ça parlait d’ordinateurs qui deviennent surpuissants, d’université
du Massachussetts, du fait qu’avant on n’avait pas besoin de tout ça, et
d’avions espagnols (?!). En tout cas il y tenait très fort et il m’a bien tenu
la grappe pendant 5 minutes, sans me laisser le temps d’en placer une. Et il
avait l’air convaincu que je comprenais tout… Ca m’a rappelé mes conversations
avec ma concierge qui perd la boule, un peu… Les passants en nous voyant
étaient soit très intrigués, soit morts de rire (ou alors ils s’en foutaient).
Au bout d’un moment, j’ai quand même réussi à lui faire lâcher prise mais en
tout cas il m’a fait bien rire…

"Hokkaidô wa Sapporo Beer", c'est à dire "Hokkaidô, c'est la bière
Sapporo". Comme ça au moins on est prévenus !

Et en fait, à Sapporo même, c'est un peu vrai : par
exemple là ce sont les anciennes brasseries reconverties
en centre commercial, et la marque est un peu
omniprésente dans la ville ( ya même un musée)
Et puis… Ben voilà c’est tout.
Normalement demain je visite encore
Sapporo et puis je prends un train de nuit pour Aomori. Et voilà !
05 juin 2006
Le 09/05/2006 : Dans le train entre Sapporo et Aomori
Je quitte Hokkaidô à bord d’un train de nuit. Les
lumières des villes défilent lentement à ma fenêtre, et mes paupières se font
lourdes. Adieu Sapporo, que j’ai arpenté deux journées durant, ville du Nord
aux larges avenues. Adieu Muroran aux ruelles sombres et oubliées. Et au revoir
Hakodate, portail sur l’océan et sur un passé marin et international.
Je retourne dans le Tohôku, et de là je
rejoindrai bientôt Tôkyô, l’ancienne Edo devenue un phare éclairant le reste du
Japon et attirant vers sa lumière tout ce que l’archipel compte de euh… de
nouilles ?
Moui bon, je ne suis pas sûr d’avoir un
avenir comme écrivain lyrique. Quoique, comme écrivain lyrique de merde, il
doit y avoir une niche… Je suis sûr que je pourrais écrire pour des collections
du genre « Romance & Aventure » ou « Passion
Romanesque », ce genre de trucs…
« Mais Joan n’avait pas laissé le
feu de sa passion dévorante pour Justin [prononcer « Jeustine »] lui
faire oublier les motifs de sa visite.
- Non Justin, je ne peux pas te
laisser vendre le domaine Hartford, cela tuerait mon père !
s’exclama-t-elle.
- Mais, Joan ! L’offre des
McDougal ne saurait être refusée ! Elle permettrait à chacun d’entre nous
de repartir dans la vie, loin de la douceur des années dorées, bien sûr, mais
le passé est le passé… dit-il, l’air abattu.
- Je sais Justin, je sais… Mais
je ne peux pas abandonner mon père maintenant ! Au nom de notre amour, je
t’en conjure, renonce ! Renonce à ce projet ! s’écria
Joan, ses yeux emplis de larmes fixant le visage de son bien-aimé, mais sans
parvenir à accrocher son regard.
- Mais… je ne peux pas… soupira
Justin. Je suis vraiment navré mais tu dois comprendre…
- Non, je ne veux pas
comprendre, l’interrompit Joan, et puisqu’il en est ainsi… Nos cœurs doivent
donc rester séparés ! Adieu Justin !
- Joan, attends !
Mais la douce jeune fille s’était déjà enfuie de la
pièce, les larmes coulant librement sur ses joues, mais prête à se battre pour
sauver ce qu’elle avait de plus cher. »
Eh beh, on se demande comment ils vont s’en
sortir ! Sans doute en déterrant un vieux trésor, ou en trouvant du
pétrole, ou peut-être même en jouant à l’Euromillion, qui sait ?
Hum… Tout ça pour dire que j’ai 7h de train devant
moi (enfin, plus que 5 maintenant) et que sachant que je ne dormirai pas (je me
connais) il faut bien que je m’occupe en attendant .
Une avenue large, y a pas mal d'avenues larges à Sapporo. J'aime bien... (y a
pas des masses de larges avenues au Japon)
Donc aujourd’hui, je me suis baladé dans Sapporo. Je
n’ai pas découvert beaucoup de coins très sympas mais la ville me laisse tout de
même sur une impression positive.

Une vue sur Sapporo à partir d'un parc sur une colline. Voilà.
Bon, vu comme ça, c'est pas très joli comme ville, c'est sûr.
Disons que je ne vois pas bien quels points positifs
je peux lui trouver, mais je vois encore moins de points négatifs donc au
final…
Sinon j’en avais marre de marcher donc j’ai passé le
temps comme je pouvais : un peu de Webcafe, près de 3h dans une librairie
à me demander quels mangas je pourrais tester, en lisant les magazines de foot
sur la coupe du monde (c’est marrant de voir à quel point la tension monte
autour de cette coupe, c’est là qu’on voit que c’est vraiment un événement
planétaire) ou en feuilletant des magazines people en anglais (ha ha, ça me
manquait…). Et au final je suis reparti avec deux mangas choisis plus ou moins
au hasard (l’un parce que je connaissais l’autrice, et l’autre uniquement sur
la couverture vu que les mangas sont couverts) et j’ai eu la main heureuse,
tant mieux.
Euh,
et puis c’est tout, après j’ai attendu l’heure du départ (22h) en somnolant, en
bouquinant et en mangeant.
Et me voilà en route.
06 juin 2006
Le 10/05/2006 : Dans le train de Kakunodate à Tôkyô
Pinaise, j’en suis déjà à 31 pages [sur mon cahier]
alors que je n’en suis qu’à la moitié du séjour ? Bon, la 2nde
partie devrait être un peu plus légère donc ça va.
Je suis exténué. J’ai un peu dormi dans
le train cette nuit mais visiblement, pas suffisamment.
J’ai changé à Aomori à 5h30 pour Akita,
finalement je n’ai pas eu le courage de faire le crochet par Kuroishi… Eh bien
tant pis, on gardera ça pour quand j’aurai plus d’argent et que je reviendrai
en pays conquis.

Un petit bout d'espace vert à Akita...
En attendant, j’ai quand même fait un
petit tour dans Akita (c’est à dire que j’ai foncé au parc le plus proche de la
gare, que j’ai marché ½ heure, fait une pause d’1/2 heure, puis suis allé faire
3 courses. Maintenant quand j’arrive dans une ville mon premier réflexe c’est
de repérer les grands espaces verts. Du coup, j’ai l’impression que les villes
japonaises sont très vertes…), puis un arrêt-stop-ultra-rapide d’une heure à
Kakunodate, juste le temps de me dire « Oh, c’est chouette ! Oh, c’est
joli ! Oh, ça donne envie de rester ! Sauf que je suis crevé et
que j’ai le sac ultra-lourd sur les épaules, alors on va plutôt prendre le
premier train pour Tôkyô. » Tant pis, je reviendrai à Kakunodate à une
autre occasion (aussi).

Le jardin d'une maison traditionnelle à Kakunodate.

Kakunodate c'est à la campagne, mais pas la campagne glauque
(oui bon ok, c'est un poil touristique)

Et j'aime vraiment beaucoup la nature dans ce coin. Là c'est encore
à Kakunodate.
Sinon les paysages de train dans Akita-ken [la préfecture d’Akita] sont les plus beaux que j’ai vu au Japon, plus beaux même qu’à Hokkaidô ! (mais aussi je ne suis pas allé dans la partie sauvage d’Hokkaidô… une autre fois !)
Demain je ne fais rien ! Si ce
n’est dormir, manger, et de la lessive. Oui, bon, et me laver et me raser
aussi.
Je verrai avec Greg ce qu’il fait, si
il me rejoint à Nagoya ou pas finalement, et aussi quand Joffrey arrive
exactement, et en fonction de ça je me ferai un voyage de maximum 2 jours avec
une nuit à Takayama, soit à partir d’après-demain, soit dans 3 jours. On
verra !
(Wah, y a même des cascades au bord de
la voie ferrée ! La classe ! Et aussi de la neige, alors qu’il fait
une chaleur torride, étrange…)
Bien, maintenant je crois que je vais
dormir ou, à défaut, comater…
07 juin 2006
Le 15/05/2006 : Dans le train d’Uguisudani à Yokohama
Cinq jours sans écrire, mais cinq jours de… euh, pas grand chose en fait. En rentrant dans le train vers Tôkyô (dernière note), j’avais super mal à la tête et en fait ce n’était que le signe précurseur du retour du virus qui m’avait pourri la vie juste avant mon départ.
Du coup j’ai passé deux jours à plus ou moins agoniser, puis encore deux jours à essayer de me remettre.
De ce fait, je ne suis pas du tout parti du côté de Nagoya et Takayama comme j’avais prévu, d’autant plus que Greg, qui à la base voulait m’accompagner à Nagoya, a finalement jeté l’éponge devant le prix ou la durée (c’était soit court et très cher, soit pas cher et très long) du trajet vers Nagoya.
A la place on a fait du shopping, de la console, une conversation jusqu’à 3h30 du mat’ par webcams interposées avec un ami en France (vive la technologie, mais ouille le décalage horaire !), en bref on s’est occupés.
Enfin bref, on s’est reposés tous les deux (moi de mes aventures nordiques, lui du boulot) et je me remets petit à petit.
Aujourd’hui il a repris le boulot après 3 jours de congés et moi je pars donc faire un petit tour à Yokohama histoire de rentabiliser et de visiter un peu.
Et donc voilà, demain Joffrey arrive, et ensuite je vais essayer de l’emmener ailleurs pendant genre 3 jours avant de revenir, et de partir.

Je m'aperçois que je n'ai pas parlé de ma visite de Yokohama dans
mon journal, alors je vais mettre des photos pour compenser.
Yokohama donc, c'est une ville moderne, et portuaire.
Il y a une très jolie balade à faire au bord de la mer, qui va d'espaces
verts en espaces verts. Là, c'est le début.
Là c'est le bas d'un parc. J'ai trouvé en général que c'était une ville
plutôt agréable, même un peu en dehors des coins touristiques. (au
début je ne savais pas trop où aller donc j'ai un peu erré dans les
zones pas désignées comme telles, et c'était sympa quand même)
Là c'est un temple dans le célèbre quartier chinois. J'ai pas tellement
apprécié ce quartier chinois, très fréquenté, très touristique, ça faisait
pas authentique pour deux sous. Et puis bon, c'est un peu exactement
la même chose que le petit quartier chinois de Kôbe. Ouais bon, avec
peut-être un gros temple en plus...
Et bon là, c'est simplement pour l'anecdote. On ne le
voit peut-être pas très bien (vous pouvez cliquer
sur l'image pour l'agrandir), mais c'est quand même
marqué "since 2006"...
09 juin 2006
Le 16/05/2006 : Dans le train de Tôkyô à Narita
En partant, comme d’habitude, j’ai
promis des cartes postales à des tas de gens.
Et
comme d’habitude, je m’étais dit que je les écrirais et les enverrais au fuer
et à mesure, et tôt dans le séjour.
Et
comme d’habitude, je les ai toutes écrites d’un coup, et elles vont sûrement
arriver après moi…
Mais
c’est pas de ma faute ! Je crois…
Enfin
bref, je viens de toutes les écrire (14 !) et elles partent cet
après-midi !
A
part ça, je vais chercher Joffrey à l’aéroport, ça va être marrant (si il passe
la douane, vu qu’on avait oublié de lui indiquer l’adresse de Greg, et qu’elle
est normalement indispensable pour passer la douane, hem…)
Si
j’arrive à le récupérer, on ira voir Grégory et Sarah à leur resto après que Jo
se soit reposé un peu. J’essaierai aussi d’aller changer mon billet de retour
(actuellement toujours prévu pour le 20) et poster mes cartes.
Et,
euh… ben voilà !
C’est
tout !
Le 17/05/2006 : Dans le train de Tôkyô à Kyôto (Yeah !)
Et donc nous voilà en route pour Tôkyô, on a pris
un Shinkansen à 9h et on devrait arriver vers 12h. J’ai franchement hâte d’y
être, ça va être cool.
Hier
j’ai bien réceptionné Joffrey, et j’ai réussi à le ramener vivant chez Greg, ce
qui est quand même pas mal !
Après
ça nous sommes allés lui acheter un appareil photo et j’ai réussi à me
débrouiller en japonais, ce qui n’est pas mal non plus. Bon ok, à certains
moments je ne comprenais rien à ce que me disaient les vendeurs et je faisais
juste semblant, mais au final c’est passé, donc tout va bien !
(Là
on est à la gare de Nagoya, ce qui me permet malgré tout de jeter un œil à la
ville, même si je ne m’y arrêterai visiblement pas cette fois-ci. Va falloir
que je revienne)
Ensuite
on est donc allé voir Sarah et Greg à leur boulot, c’était plutôt marrant de
les voir avec les costumes de garçon café, et en plus on s’est fait
officieusement inviter, donc la classe !

Grégory en garçon de café... Si c'est pas la classe ! (Photo prise par
Joffrey, avec son appareil qu'il venait juste d'acheter)
Après
ça directement au karaoke avec Greg et Jo, puis on a retrouvé Sarah au petit
bar/yakitori en bas de chez Greg, on a mangé, bu vite fait et après on est
rentré.
En
gros on s’est bien marré, et c’était bien !

Joffrey au karaoke. Quand on fait un karaoke, il FAUT être à fond,
sinon c'est pas drôle !
Ce
soir et demain soir, dodo à Kyôto, donc on a en gros 3 jours pour voir
Kyôto/Nara/Ôsaka et peut-être un tour à Himeji, ça va être intense.
Enfin
bref, je suis vraiment très content d’aller dans le Kansai, c’est la région que
je connais le mieux et où je me sens le plus à l’aise au Japon. Et puis ça va
être rigolo d’être avec Jo, et de refaire tous les trucs touristiques que j’ai
fait il y a longtemps, ou que je n’ai jamais fait en fait…
Enfin
bref, vivement qu’on arrive !
11 juin 2006
Le 22/05/2006 : Dans l’avion de Tôkyô (Narita) à Paris (Roissy)
Du coup je n’aurai pas beaucoup écrit ces derniers
jours, il faut dire que le temps et le calme nécessaires m’ont un peu manqué
aussi… Mais bon, je ne me plains pas.
Alors donc la dernière fois je partais
à Kyôto, donc tant qu’à faire on va raconter tout d’abord ce qui est arrivé au
cours de notre séjour dans la capitale impériale…
Le 17 : Après un voyage en train
sans histoire, j’ai fait découvrir à un Joffrey émerveillé (et je n’ai pas manqué
de l’être une nouvelle fois moi aussi) la gare de Kyôto, alias la gare la plus
classe du monde (si si, j’vous jure !). Après s’être baladés dedans et
avoir pris des photos, on s’est dit qu’on allait partir à la recherche de
l’auberge de jeunesse.

Une partie de la gare, mais il faut la voir en vrai pour se rendre compte.
Si je devais faire le total du temps
que j’ai passé à chercher des auberges au cours de ce voyage, je prendrais
peur. Et celle-ci a été la pire alors que, pour une fois, j’avais pris toutes
les indications ! Mais c’était des indications pourries et du coup on a
pas mal tourné en rond et pas mal marché, et ce sous la pluie. (le mauvais
temps ne nous a d’ailleurs pas lâché de tout le séjour dans l’ouest…)

La découverte de l'auberge de jeunesse (photo prise par Jo).
Comment ça, c'est sur-joué ? Pas du tout, ça a été pris sur le vif !
Arrivés trempés et fourbus à cette
bonne auberge, nous nous sommes quand même mis en tête d’aller voir le Ryoanji
vu qu’il n’était pas loin. Bien évidemment, il était fermé. (ces machins à
visiter qui ferment entre 16 et 17h, c’est très, très frustrant…) Du coup on
est rentrés penauds après avoir acheté à manger…

Un petit étang dans l'enceinte du Ryoanji. C'est coquet.
Le 18 : Le lendemain matin, let’s
go to Ryoanji tôt le matin ! Le Ryoanji, c’est là qu’il y a le jardin de
gravier zen qu’on voit dans les ¾ des reportages sur le « Japon
millénaire ». Officiellement quand on le visite, on est invité à s’asseoir
devant et à le contempler dans une atmosphère à la fois contemplative, sereine
et bucolique grâce aux arbres autour.
Bon déjà en temps ordinaire pour moi ce
serait raté car je trouverais ça saoulant à mourir, j’dois pas avoir un vrai
esprit zen, et de plus je ne trouve pas ce jardin si reposant que ça. (le petit
jardin de mousse juste à côté est beaucoup plus cool d’ailleurs)
Mais alors qu’on puisse envisager de
méditer devant ce jardin alors qu’il y a des dizaines de touristes qui
grouillent systématiquement autour, surtout quand ce sont des groupes de
collégiens ou lycées, ça me dépasse. (les jeunes japonais ont beau être un rien
plus disciplinés que leurs homologues occidentaux, ils restent tout de même des
adolescents en groupe, et bruyants) Peut-être que c’est pour s’entraîner à
faire abstraction du monde alentour…
Après le jardin de pierre il y a l’espèce de petit
truc avec un trou (ok, je n’ai jamais été aussi clair dans mes descriptions,
mais je suis en manque de mots, je mettrai une photo si j’en ai une – bah
non, j’en ai pas…) dans lequel on tente de jeter des sous pour se porter
bonheur et attirer la fortune (genre on va gagner plein de sous quoi). Jojo et
moi avons réussi au 3ème essai, c’est plutôt la classe et je pense
que très bientôt je vais être riche (si, si !)
Après le Ryoanji, nous avons pris le chemin du
Kinkakuji, où il y avait une monde FOU ! C’était assez l’horreur mais bon,
on n’a pas été trop bousculés et puis il n’y a qu’un seul chemin donc en fait
c’est assez fluide. Ce Kinkakuji, c’est le pavillon d’or qui est assez classe,
mais qui était moins terne dans mes souvenirs d’il y a 7 ans. En même temps avec
du soleil il doit plus briller, c’est sûr…

Le fameux Kinkakuji. Vu comme ça on dirait que c'est tout paisible
et calme, mais en réalité au moment de prendre la photo je suis
entouré d'une foule bruyante et compacte.
"Eh bien, c'est un... endroit". Ok, je sais que seulement 4 de mes
lecteurs devraient comprendre cette référence, mais j'étais obligé.
C'est situé dans l'enceinte dans l'enceinte du Kinkakuji en tout cas.
Et c'est un endroit, c'est tout !
Après ça on avait prévu une opération
« takoyaki à Ôsaka », c’est à dire y passer juste pour manger avant
de s’arracher pour aller voir le château d’Himeji. En définitive, ça n’a pas
été aussi évident…
Je voulais retrouver un petit quartier commerçant
près de la gare où on avait été avec Greg, Franck et Nico il y a 3 ans, et où
on avait mangé des bons takoyakis pour pas cher (pfff… bon, et aussi où il y
avait le Mandarake (grosse magasin de manga) d’Ôsaka, ok…)
Malheureusement, Ôsaka, moi je maîtrise pas. Mais
alors pas du tout ! Déjà à la base je me suis planté de gare. (Shin-Ôsaka
au lieu d’Ôsaka, ok, pfff…) Et ensuite eh bien je ne me suis pas retrouvé, et
on a tourné en rond pendant plus d’une heure. Et bien évidemment, c’est quand
j’en étais arrivé au point du « Graargh ! Les prochains tako qu’on
voit on les prend et on s’arrache ! » (Jo pendant ce temps me faisait
« C’est pas grave Pierre, c’est cool ! »), hop ! On est
tombés dessus…
Heureusement ils étaient bons et pas
chers (ah ! 250Y les 8, ça nous change des 6 pour 5€ de chez
Naniwaya ! Sales voleurs !)
Donc après Mandarake (un peu…) et
Himeji.

Le château d'Himeji, le "héron blanc". J'aime pas trop
cette photo, j'aurais peut-être dû reprendre une
photo d'il y a 3 ans, mais ça n'aurait pas été honnête.
(mais qui se soucie de ça ? O_o)
Et là, devinez quoi ? Oh ! On
est arrivés après la fermeture ! Bon eh bien on a pu le voir de
l’extérieur, c’est cool. Bon moi je m’en fiche je l’avais déjà visité, mais
j’étais un peu dégoûté pour Jo (qui est d’ailleurs resté dans un état
« C’est pas grave ! C’est cool ! » pendant ces 3 jours, ce
dont je le remercie chaleureusement !)
Ensuite on est rentrés, on a revu la
gare de Kyôto, de nuit cette fois et on y a mangé.
Ensuite, retour à l’auberge.
Le
19 : Le lendemain matin on a fait un peu la grasse mat’, genre on a quitté
l’auberge à 10h ! Wouah ! Et puis j’ai envoyé Jo en mission Kiyomizu,
pour qu’il le visite pendant que je retournais à Ôsaka pour y changer mon
billet d’avion à l’agence Air France du coin. (oui, non, je l’avais pas fait à
Tôkyô, et puis zut ! ils en ont même pas une à Kyôto ces
branquignols ! bon ok, l’aéroport est à Ôsaka, mais flûte quand
même ! non mais…)
J’ai réussi, bien heureusement (et
repoussé mon départ au 22 donc), et j’ai retrouvé Jo avec 1h de retard à notre
rendez-vous devant le Kiyomizu-dera, heure de retard correspondant à l’heure de
pause des agents Air France (comment ça ils mangent à midi ? on m’avait
pas prévenu, c’est pas ma faute !).
Heureusement, Jo s’était paumé sur la
route et à l’heure prévue du rendez-vous il venait juste d’arriver au temple,
donc comme ça il a eu le temps de le visiter avant que j’arrive. Après de
chaleureuses retrouvailles (sous la pluie, parce que je rappelle qu’il a plu
sans arrêt pendant ces 3 jours), on est allé faire un peu de shopping dans la
rue à touristes qu’il y a devant. (en forçant Joffrey à ne pas s’arrêter à
chaque boutique, pas toujours évident…)
Après ça direction Nara, c’était un peu
plus long en train que je ne le pensais et devinez quoi ? On est arrivés
après la fermeture de tous les temples ! Oh ben ça alors ! On a juste
eu le temps de mater 3 daims et le Todaiji de l’extérieur, et back vite fait
vers Kyôto pour ne pas rater le dernier Shinkansen pour Tôkyô.
Et oh miracle ! On l’a eu !
Mais je peux dire qu’on a bien flippé… Voyage de retour sans histoires mais
tout à fait crevés, arrivée à Tôkyô vers 23h15, on rentre chez Greg, douche, et
dodo ! (ou presque)

Le Todaiji vu de l'extérieur. A l'intérieur, y a le plus grand bouddha
du Japon... Mais bon, de dehors c'est sympa aussi, non ?
En bref ça aura un peu été l’expédition
de la lose, la prochaine fois que j’irai visiter des trucs dans le Kansai, je
prévoirai des journées qui commencent à 7h et se finissent à 17h…
Bon sinon du côté anecdotique…
L’auberge de jeunesse était plutôt
cool, très grande et assez bien organisée. Dommage qu’il n’ait pas fait beau
parce qu’on aurait bien profité de la terrasse, mais bon…
On y a rencontré un québécois (et sa
copine) le premier soir, et un français (une sorte de breton vivant à
Villefranche-sur-mer ( !!)) le second soir. Ah ben bravo ! Bien la peine d’aller jusqu’à Kyôto si c’est pour y
rencontrer des habitants de Villefranche ! (pour ceux qui l’ignorent, c’est
juste à côté de Nice)
On a aussi rencontré un vieux de
Sapporo, et pas qu’une fois ! Il était dans le bain avec nous le premier
soir (encore une fois le bain, lieu d’échange privilégié), puis au salon avec
sa femme le même soir, puis encore un peu plus tard dans la soirée il était aux
toilettes avec moi, le lendemain lui et sa femme ont quitté l’auberge en même
temps que nous, et le second soir, encore dans le bain !
On aurait presque dit qu’il était très
attaché à nous… Enfin il était vraiment sympa !
Aussi j’ai eu de très fortes bouffées
d’émotions en passant par les gares de Kôbe que j’ai beaucoup pratiqué
(Shin-Kôbe et Sannomiya) sur la route d’Himeji.
Franchement ça m’a fait tout drôle,
c’est quand même un peu beaucoup mon chez-moi au Japon… Enfin, j’en reparlerai.
Donc voilà, on est bel et bien rentrés
à Tôkyô le 19 au soir.
Le 20 dans la journée on n’a pas fait
grand chose, j’ai juste poussé jusqu’à Asakusa histoire d’acheter les derniers
cadeaux qui me manquaient. En fin d’après-midi, Greg, Sarah et moi on est allé
à un concert de J (ex-membre de Luna Sea, un groupe de rock japonais), un bon
petit concert rock, m’empêchera pas de regretter le concert de The Go !
Team manqué, m’enfin…
En tout cas c’était rigolo, on devait
être 5 gaijin dans la salle en plein air (on a raté la pluie de peu), et les
spectateurs japonais sont vraiment pros ! Sur les chansons ils savent tous
quand il faut lever et agiter le bras (tous en même temps et en rythme), et sur
une chanson en particulier, où ça parle de feu, à un changement de tempo ils
ont tous (enfin… disons les ¾) levé leur briquet en même temps. Tac !
Comme ça ! C’était assez impressionnant, il faut l’avouer.
Après le concert on est rentrés se
préparer pour une soirée de débauche avec les trois frenchys (Jo, Sarah et
Greg) et Yôsuke, un pote du boulot des deux précédents, très, très sympa.
Bon, la soirée on va pas raconter en
détail.
On va se contenter de dire qu’on est
tous rentrés à pied à 5h, le pas chancelant, certains faisant la gueule et d’autres
non, après un resto, un pub boisson-à-volonté-pendant-2h, et un karaoke avec un
groupe de japonais/e rencontré au pub.
C’était euh… à vivre.

La fine équipe à la sortie du karaoke à 5h du matin, du côté d'Ueno.
De gauche à droite : moi, Sarah, Yôsuke, Greg et Jo.
Du coup forcément le 21 on a pas été très
performants, on est quand même allé au matsuri (fête populaire) d’Asakusa,
c’était plutôt rigolo, les porteurs de mikoshi (Greg explique ce que c’est un
mikoshi dans son blog quelque part je crois, je vais mettre un lien pour que
les gens aillent voir) étaient vraiment à fond, et aussi totalement imbibés,
ceci expliquant sans doute cela.
Après ça soirée tranquille chez Greg,
dodo, ce matin réveil tôt, train, et me voici dans l’avion, après avoir
remarqué que la partie départ de Narita ressemblait vachement à celle de
l’aéroport d’Ôsaka. (comment ça on s’en fiche ?)
Sinon le vol… Je suis en plein milieu
de la travée du milieu, c’est pas franchement la classe mais le gars à ma
droite passe les 2/3 de son temps debout, donc ça va…
J’ai pour le moment vu Fauteuils
d’orchestre de Danièle Thompson avec Cécile de France et Valérie Lemercier,
entre autres. Un film sympa, pas bouleversant mais qui fait passer un bon
moment. Après ça Match Point, le Woody Allen avec Scarlett Johansson et
Jonathan Rhys Meyers. Vraiment, vraiment pas un Woody Allen habituel. On aurait
presque dit un film de commande. Mais bon, c’est pas pour autant que j’ai pas
apprécié, bien au contraire. C’est malsain, mais bien ! Ensuite
Essaie-moi, le film de Pierre-François Martin-Laval (des Robins des bois), qui
m’a pas mal déçu. Des passages drôles, mais très irréguliers. Et un peu trop
nunuche. (fait exprès, peut-être, mais trop !)
Et là, en écrivant, je re-regarde un
peu Brokeback Mountain. C’est quand même un film dur….
Bien et maintenant, c’est sans doute
l’heure du bilan…
Pas évident, je ne sais pas trop par où
commencer.
(Ah !
y a la musique que j’aime dans Brokeback ! Ouais bon, rien à voir…)
Alors
les plus :
+Content
de revenir
+2
semaines avec Greg, Sarah et un peu Jo, c’était marrant, ça m’a fait plaisir de
pouvoir déconner avec Greg, ça faisait longtemps…
+Des
moments très sympas avec des japonais rencontrés au cours du voyage, à
Hirosaki, Kyôto un peu…
+Des
coins vraiment, vraiment agréables à visiter.
+Pendant
trois semaines, loin de Paris, loin du futur et de toutes les choses qui me
mettent à cran dès que j’y pense, c’était bien.
Les
moins :
-Le
contact avec les réalités pénibles à vivre inhérentes à un peuple insulaire et
qui se veut tel… Déjà certaines histoires de Greg au boulot dignes de Stupeur
et tremblement (je critiquerai peut-être moins le bouquin dans le futur), et
puis bon, un gars qui nous insulte au matsuri d’Asakusa en nous disant
« rentrez chez vous, sales singes, laissez notre terre pure, sales
gaijins, etc. » Bourré, mais je ne vois pas trop ce que ça excuse, ça
explique juste pourquoi il a osé le dire alors qu’en face il y avait trois
gaijin qui faisaient tous une tête de plus que lui…
En tout cas ça fait plaisir ! On
comprend un peu mieux (de façon ponctuelle bien sûr) ce que c’est de vivre le
racisme, intéressant…
-Je
n’ai pas vu tout ce que je voulais voir, Kuroishi et Takayama par exemple,
c’est dommage.
-Pas
eu l’occasion d’être dans une famille japonaise, et ça m’a vraiment manqué,
j’aurais vraiment aimé voir les Arata. (ma famille d’accueil habituelle)
-Maintenant,
il faut revenir à la dure réalité, et ça va être (trop ?) dur.
Pas de regret d’y être allé, bien sûr.
Un voyage, c’est toujours bon à prendre. Mais peut-être un bilan humain plus
mitigé que les autres fois. Pas peut-être, sûrement même.
J’aime toujours le Japon, j’ai
peut-être encore moins envie d’y vivre pendant même une courte période. Mon
opinion sur les japonais en a subi un coup, mais heureusement, heureusement,
j’en ai connu d’autres avant, et quelques rencontres m’ont permis de me
rappeler ces bons moments.
Et au bout du compte, c’est ce qu’il
faut faire, non ? Se souvenir de ce qui était bien, et s’y tenir, s’y
cramponner, tout en gardant l’esprit lucide et sans se faire trop d’illusions.
(on
vient de manger le euh… goûter ? et j’ai pas eu droit à mon thé…
Aaah ! Les salauds !)
Bon eh bien voilà. Ce sera tout, c’est
sans aucun doute la fin de ce petit journal. On va atterrir dans moins d’une
heure, Brokeback est fini, je n’aurai plus qu’à sortir de l’avion, récupérer
mon bagage, passer la douane, prendre le RER, le métro, et puis…
Et puis je serai tout seul dans ma
chambre, à Paris. Et ça va pas être forcément facile… Mais voilà, c’est tout.















