28 mai 2006
Le 04/05/2006 : Dans le train d’Ueno à Ichinoseki
Hier, ça a été
une belle journée de merde, une de celles qu’on devrait vivre plus souvent
histoire de se rappeler qu’on est faillible.
Bon
alors déjà je n’ai pas obtenu ma carte pour les auberges de jeunesse car je
n’ai jamais retrouvé l’agence, en parcourant le quartier pendant 2
heures et en regardant bien tous les plans (et il y en a beaucoup des plans au
Japon, ne serait-ce qu’à cause des adresses à la con…)
Ensuite
je devais appeler Grégory pour qu’on se retrouve à Akihabara. J’avais bien
vérifié en partant que j’avais ma carte de téléphone, et je l’avais bel et bien
avec moi… Mais pas son numéro ! (c’est ici qu’on se rend compte à quel
point on est devenus dépendants des moyens de communication modernes…)
Du
coup je suis revenu piteusement chez lui et j’ai dû attendre qu’il regarde par
la fenêtre en bas de l’immeuble vu que pas de clés et pas d’interphone…
Donc
ensuite on est allé faire deux courses à Akihabara avec Sarah, on est rentré et
on a mangé des râmen en bas de chez eux (c’est rigolo de voir à quel point ils
se sont intégrés à la vie du quartier).
Après
ça je les ai mis à contribution pour appeler des auberges de jeunesse pour
réserver pour ma pomme (très sincèrement, je ne m’en serais pas tiré tout
seul).
Comme
cette semaine c’est la Golden Week au cours de laquelle il y a 3 jours fériés,
où tous les employés posent généralement leurs vacances, et où tout le monde
voyage en général, les 4, 5 premières auberges auxquelles on a téléphoné ont
opposé un niet définitif et invoqué des excuses plus ou moins foireuses, soit
parce qu’elles étaient complètes, soit sans doute pour ne pas accueillir de
gaijin (ça nous avait déjà fait le coup lors de notre dernier voyage au Japon).
A ce
stade-là j’étais prêt à abandonner ou à repousser mon voyage (c’est un trait de
caractère dont j’aimerais bien me débarrasser, mais j’ai énormément tendance,
confronté aux difficultés, à renoncer un poil trop facilement…), mais Greg (et
je lui en rends grâce !) a insisté pour continuer et bon ben finalement
j’ai des auberges jusqu’à mon retour à Tôkyô le 10 (bon, sauf le 9 où je suis
censé dormir dans un train).
Donc
aujourd’hui : visite de Hiraizumi, et dormage à Hiraizumi aussi (ça a
intérêt à être cool…)
Demain
je dors euh… Quelque part sur le chemin entre Morioka et Aomori (je ne me
souviens plus du nom, mais j’ai un papier avec tout écrit).
Après-demain,
je dors à Hirosaki, près d’Aomori (et de Kuroishi).
Le
7, direction Hokkaidô ! Je devrais passer une partie de la journée à
Hakodate, puis je dors plus loin sur la route vers Sapporo, à Muroran.
Le 8
c’est Sapporo, j’y dors.
Le
9, je passe la journée à Sapporo ou ses alentours, et j’en repars le soir dans
un train vers Akita (avec un changement à Aomori à 5h30, par là… ça va être
gai !)
Et
puis le 10, le matin près d’Akita, sans doute à Kakunodate qui avait l’air
sympa, et puis go ! go ! to Tôkyô !
(ensuite je devrais repartir pour Takayama, Nagoya
et Gifu).
Bon
à part ça c’est rigolo d’être de retour dans le Shinkansen. C’est toujours plus
confortable que le TGV (oh mon dieu ! de la place pour les jambes !)
(de la place si mon voisin voulait bien pousser les siennes du moins…)
Et
puis voilà. Je pars dans le Nord ! Waouh !
Hum…
Si je ne repars pas en pleurant vers Tôkyô d’ici 2 jours, ce sera déjà un beau
résultat…
[un peu plus tard]
Je
cherchais des trucs à écrire pour m’occuper, et je viens de repenser à ce que
m’a raconté Grégory avant-hier. Au boulot, ils ne sont que 3 français (Sarah,
lui, et un autre gars – oui au fait, ils bossent dans une brasserie française),
le reste du staff est composé avant tout de japonais. Donc avant-hier il
discutait avec un pote/collègue japonais, et celui-ci lui demande si il a
entendu parler du procès de Tôkyô (en employant le terme japonais que mon
copain n’a pas compris au début), et de l’amiral Tôjô Hideki.
Donc
mon copain (une fois qu’il a eu compris de quoi on parlait) lui répond que oui,
bien sûr, et que c’est parce que des coupables désignés au procès pour crime
contre l’humanité sont honorés au Yasukuni-jinja que les chinois et les coréens
râlent tous les ans lors de la visite annuelle du premier ministre japonais à
ce sanctuaire.
[en fait, ce sanctuaire est destiné à honorer
l’ensemble des soldats morts pour la patrie depuis Meiji, c’est à dire la fin
du XIXème siècle].
Donc
là le copain de Grégory le félicite et lui dit (bon, grosso modo hein)
« ah ouais, t’es étranger et pourtant tu connais… Je te parie que la
moitié des membres du staff ne savent même pas pourquoi il y a des problèmes
avec la visite au Yasukuni, et n’ont même pas entendu parler du procès de
Tôkyô. Il y en a peut-être même qui ne savent pas qui était Tôjô. » Et
donc ils ont tenté l’expérience en demandant à la 10aine de japonais qui se
trouvaient là si ils connaissaient le procès, et l’amiral Tôjô.
Et
là, eh bien constat accablant : plus de la moitié ne savaient pas ce
qu’était le procès, 1 ou 2 qui était Tôjô, et donc il y en a qui faisaient
quand ils leur expliquaient « aaah ! Mais alors c’est pour ça que la
Chine et la Corée ils ralent ?! »
C’est
assez édifiant… Je pense que si on demandait à de jeunes allemands de niveau
Bac ou à peu près ce qu’était le procès de Nuremberg et qui était Goering ou
Himmler par exemple, il n’y en a pas beaucoup qui ne sauraient pas.
Ce
Japon a toujours visiblement un problème avec son passé et sa culpabilité (avec
ça et l’histoire des « incidents à Nankin » dans les livres
d’histoire).
Si
les allemands devaient oublier, je pense que le monde se chargerait de leur
rafraîchir la mémoire. Pour le Japon, est-ce différent ?
Ca
fait à peine 60 ans, qu’est-ce que ce sera dans encore 60 ans ?
Bien sûr qu'il ne faut pas passer sa vie à culpabiliser pour ce que nos ancêtres ont fait il y a plusieurs générations, ce serait hypocrite. Mais il ne faut pas oublier... Ca m'a fait penser à l'histoire de Steevy et de Clémenceau... Pauvre con va !
Commentaires
De la mémoire et de l'histoire
ouai je suis tout à fait d'accord, c'est un truc de fou...
l'histoire c'est super important...!!
(bon je vais pas me mettre à argumenter, ça n'en finirait pas ha ha, en plus, le ton virerait vite au glauque ;-))
Lentement...
Je poursuis ma lecture... Et c'est (parfois) intéressant pour ma culture G (quand ce n'est pas rigolo)
Mais quelle est donc cette histoire de Steevy et Clémenceau?
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