11 juin 2006
Le 22/05/2006 : Dans l’avion de Tôkyô (Narita) à Paris (Roissy)
Du coup je n’aurai pas beaucoup écrit ces derniers
jours, il faut dire que le temps et le calme nécessaires m’ont un peu manqué
aussi… Mais bon, je ne me plains pas.
Alors donc la dernière fois je partais
à Kyôto, donc tant qu’à faire on va raconter tout d’abord ce qui est arrivé au
cours de notre séjour dans la capitale impériale…
Le 17 : Après un voyage en train
sans histoire, j’ai fait découvrir à un Joffrey émerveillé (et je n’ai pas manqué
de l’être une nouvelle fois moi aussi) la gare de Kyôto, alias la gare la plus
classe du monde (si si, j’vous jure !). Après s’être baladés dedans et
avoir pris des photos, on s’est dit qu’on allait partir à la recherche de
l’auberge de jeunesse.

Une partie de la gare, mais il faut la voir en vrai pour se rendre compte.
Si je devais faire le total du temps
que j’ai passé à chercher des auberges au cours de ce voyage, je prendrais
peur. Et celle-ci a été la pire alors que, pour une fois, j’avais pris toutes
les indications ! Mais c’était des indications pourries et du coup on a
pas mal tourné en rond et pas mal marché, et ce sous la pluie. (le mauvais
temps ne nous a d’ailleurs pas lâché de tout le séjour dans l’ouest…)

La découverte de l'auberge de jeunesse (photo prise par Jo).
Comment ça, c'est sur-joué ? Pas du tout, ça a été pris sur le vif !
Arrivés trempés et fourbus à cette
bonne auberge, nous nous sommes quand même mis en tête d’aller voir le Ryoanji
vu qu’il n’était pas loin. Bien évidemment, il était fermé. (ces machins à
visiter qui ferment entre 16 et 17h, c’est très, très frustrant…) Du coup on
est rentrés penauds après avoir acheté à manger…

Un petit étang dans l'enceinte du Ryoanji. C'est coquet.
Le 18 : Le lendemain matin, let’s
go to Ryoanji tôt le matin ! Le Ryoanji, c’est là qu’il y a le jardin de
gravier zen qu’on voit dans les ¾ des reportages sur le « Japon
millénaire ». Officiellement quand on le visite, on est invité à s’asseoir
devant et à le contempler dans une atmosphère à la fois contemplative, sereine
et bucolique grâce aux arbres autour.
Bon déjà en temps ordinaire pour moi ce
serait raté car je trouverais ça saoulant à mourir, j’dois pas avoir un vrai
esprit zen, et de plus je ne trouve pas ce jardin si reposant que ça. (le petit
jardin de mousse juste à côté est beaucoup plus cool d’ailleurs)
Mais alors qu’on puisse envisager de
méditer devant ce jardin alors qu’il y a des dizaines de touristes qui
grouillent systématiquement autour, surtout quand ce sont des groupes de
collégiens ou lycées, ça me dépasse. (les jeunes japonais ont beau être un rien
plus disciplinés que leurs homologues occidentaux, ils restent tout de même des
adolescents en groupe, et bruyants) Peut-être que c’est pour s’entraîner à
faire abstraction du monde alentour…
Après le jardin de pierre il y a l’espèce de petit
truc avec un trou (ok, je n’ai jamais été aussi clair dans mes descriptions,
mais je suis en manque de mots, je mettrai une photo si j’en ai une – bah
non, j’en ai pas…) dans lequel on tente de jeter des sous pour se porter
bonheur et attirer la fortune (genre on va gagner plein de sous quoi). Jojo et
moi avons réussi au 3ème essai, c’est plutôt la classe et je pense
que très bientôt je vais être riche (si, si !)
Après le Ryoanji, nous avons pris le chemin du
Kinkakuji, où il y avait une monde FOU ! C’était assez l’horreur mais bon,
on n’a pas été trop bousculés et puis il n’y a qu’un seul chemin donc en fait
c’est assez fluide. Ce Kinkakuji, c’est le pavillon d’or qui est assez classe,
mais qui était moins terne dans mes souvenirs d’il y a 7 ans. En même temps avec
du soleil il doit plus briller, c’est sûr…

Le fameux Kinkakuji. Vu comme ça on dirait que c'est tout paisible
et calme, mais en réalité au moment de prendre la photo je suis
entouré d'une foule bruyante et compacte.
"Eh bien, c'est un... endroit". Ok, je sais que seulement 4 de mes
lecteurs devraient comprendre cette référence, mais j'étais obligé.
C'est situé dans l'enceinte dans l'enceinte du Kinkakuji en tout cas.
Et c'est un endroit, c'est tout !
Après ça on avait prévu une opération
« takoyaki à Ôsaka », c’est à dire y passer juste pour manger avant
de s’arracher pour aller voir le château d’Himeji. En définitive, ça n’a pas
été aussi évident…
Je voulais retrouver un petit quartier commerçant
près de la gare où on avait été avec Greg, Franck et Nico il y a 3 ans, et où
on avait mangé des bons takoyakis pour pas cher (pfff… bon, et aussi où il y
avait le Mandarake (grosse magasin de manga) d’Ôsaka, ok…)
Malheureusement, Ôsaka, moi je maîtrise pas. Mais
alors pas du tout ! Déjà à la base je me suis planté de gare. (Shin-Ôsaka
au lieu d’Ôsaka, ok, pfff…) Et ensuite eh bien je ne me suis pas retrouvé, et
on a tourné en rond pendant plus d’une heure. Et bien évidemment, c’est quand
j’en étais arrivé au point du « Graargh ! Les prochains tako qu’on
voit on les prend et on s’arrache ! » (Jo pendant ce temps me faisait
« C’est pas grave Pierre, c’est cool ! »), hop ! On est
tombés dessus…
Heureusement ils étaient bons et pas
chers (ah ! 250Y les 8, ça nous change des 6 pour 5€ de chez
Naniwaya ! Sales voleurs !)
Donc après Mandarake (un peu…) et
Himeji.

Le château d'Himeji, le "héron blanc". J'aime pas trop
cette photo, j'aurais peut-être dû reprendre une
photo d'il y a 3 ans, mais ça n'aurait pas été honnête.
(mais qui se soucie de ça ? O_o)
Et là, devinez quoi ? Oh ! On
est arrivés après la fermeture ! Bon eh bien on a pu le voir de
l’extérieur, c’est cool. Bon moi je m’en fiche je l’avais déjà visité, mais
j’étais un peu dégoûté pour Jo (qui est d’ailleurs resté dans un état
« C’est pas grave ! C’est cool ! » pendant ces 3 jours, ce
dont je le remercie chaleureusement !)
Ensuite on est rentrés, on a revu la
gare de Kyôto, de nuit cette fois et on y a mangé.
Ensuite, retour à l’auberge.
Le
19 : Le lendemain matin on a fait un peu la grasse mat’, genre on a quitté
l’auberge à 10h ! Wouah ! Et puis j’ai envoyé Jo en mission Kiyomizu,
pour qu’il le visite pendant que je retournais à Ôsaka pour y changer mon
billet d’avion à l’agence Air France du coin. (oui, non, je l’avais pas fait à
Tôkyô, et puis zut ! ils en ont même pas une à Kyôto ces
branquignols ! bon ok, l’aéroport est à Ôsaka, mais flûte quand
même ! non mais…)
J’ai réussi, bien heureusement (et
repoussé mon départ au 22 donc), et j’ai retrouvé Jo avec 1h de retard à notre
rendez-vous devant le Kiyomizu-dera, heure de retard correspondant à l’heure de
pause des agents Air France (comment ça ils mangent à midi ? on m’avait
pas prévenu, c’est pas ma faute !).
Heureusement, Jo s’était paumé sur la
route et à l’heure prévue du rendez-vous il venait juste d’arriver au temple,
donc comme ça il a eu le temps de le visiter avant que j’arrive. Après de
chaleureuses retrouvailles (sous la pluie, parce que je rappelle qu’il a plu
sans arrêt pendant ces 3 jours), on est allé faire un peu de shopping dans la
rue à touristes qu’il y a devant. (en forçant Joffrey à ne pas s’arrêter à
chaque boutique, pas toujours évident…)
Après ça direction Nara, c’était un peu
plus long en train que je ne le pensais et devinez quoi ? On est arrivés
après la fermeture de tous les temples ! Oh ben ça alors ! On a juste
eu le temps de mater 3 daims et le Todaiji de l’extérieur, et back vite fait
vers Kyôto pour ne pas rater le dernier Shinkansen pour Tôkyô.
Et oh miracle ! On l’a eu !
Mais je peux dire qu’on a bien flippé… Voyage de retour sans histoires mais
tout à fait crevés, arrivée à Tôkyô vers 23h15, on rentre chez Greg, douche, et
dodo ! (ou presque)

Le Todaiji vu de l'extérieur. A l'intérieur, y a le plus grand bouddha
du Japon... Mais bon, de dehors c'est sympa aussi, non ?
En bref ça aura un peu été l’expédition
de la lose, la prochaine fois que j’irai visiter des trucs dans le Kansai, je
prévoirai des journées qui commencent à 7h et se finissent à 17h…
Bon sinon du côté anecdotique…
L’auberge de jeunesse était plutôt
cool, très grande et assez bien organisée. Dommage qu’il n’ait pas fait beau
parce qu’on aurait bien profité de la terrasse, mais bon…
On y a rencontré un québécois (et sa
copine) le premier soir, et un français (une sorte de breton vivant à
Villefranche-sur-mer ( !!)) le second soir. Ah ben bravo ! Bien la peine d’aller jusqu’à Kyôto si c’est pour y
rencontrer des habitants de Villefranche ! (pour ceux qui l’ignorent, c’est
juste à côté de Nice)
On a aussi rencontré un vieux de
Sapporo, et pas qu’une fois ! Il était dans le bain avec nous le premier
soir (encore une fois le bain, lieu d’échange privilégié), puis au salon avec
sa femme le même soir, puis encore un peu plus tard dans la soirée il était aux
toilettes avec moi, le lendemain lui et sa femme ont quitté l’auberge en même
temps que nous, et le second soir, encore dans le bain !
On aurait presque dit qu’il était très
attaché à nous… Enfin il était vraiment sympa !
Aussi j’ai eu de très fortes bouffées
d’émotions en passant par les gares de Kôbe que j’ai beaucoup pratiqué
(Shin-Kôbe et Sannomiya) sur la route d’Himeji.
Franchement ça m’a fait tout drôle,
c’est quand même un peu beaucoup mon chez-moi au Japon… Enfin, j’en reparlerai.
Donc voilà, on est bel et bien rentrés
à Tôkyô le 19 au soir.
Le 20 dans la journée on n’a pas fait
grand chose, j’ai juste poussé jusqu’à Asakusa histoire d’acheter les derniers
cadeaux qui me manquaient. En fin d’après-midi, Greg, Sarah et moi on est allé
à un concert de J (ex-membre de Luna Sea, un groupe de rock japonais), un bon
petit concert rock, m’empêchera pas de regretter le concert de The Go !
Team manqué, m’enfin…
En tout cas c’était rigolo, on devait
être 5 gaijin dans la salle en plein air (on a raté la pluie de peu), et les
spectateurs japonais sont vraiment pros ! Sur les chansons ils savent tous
quand il faut lever et agiter le bras (tous en même temps et en rythme), et sur
une chanson en particulier, où ça parle de feu, à un changement de tempo ils
ont tous (enfin… disons les ¾) levé leur briquet en même temps. Tac !
Comme ça ! C’était assez impressionnant, il faut l’avouer.
Après le concert on est rentrés se
préparer pour une soirée de débauche avec les trois frenchys (Jo, Sarah et
Greg) et Yôsuke, un pote du boulot des deux précédents, très, très sympa.
Bon, la soirée on va pas raconter en
détail.
On va se contenter de dire qu’on est
tous rentrés à pied à 5h, le pas chancelant, certains faisant la gueule et d’autres
non, après un resto, un pub boisson-à-volonté-pendant-2h, et un karaoke avec un
groupe de japonais/e rencontré au pub.
C’était euh… à vivre.

La fine équipe à la sortie du karaoke à 5h du matin, du côté d'Ueno.
De gauche à droite : moi, Sarah, Yôsuke, Greg et Jo.
Du coup forcément le 21 on a pas été très
performants, on est quand même allé au matsuri (fête populaire) d’Asakusa,
c’était plutôt rigolo, les porteurs de mikoshi (Greg explique ce que c’est un
mikoshi dans son blog quelque part je crois, je vais mettre un lien pour que
les gens aillent voir) étaient vraiment à fond, et aussi totalement imbibés,
ceci expliquant sans doute cela.
Après ça soirée tranquille chez Greg,
dodo, ce matin réveil tôt, train, et me voici dans l’avion, après avoir
remarqué que la partie départ de Narita ressemblait vachement à celle de
l’aéroport d’Ôsaka. (comment ça on s’en fiche ?)
Sinon le vol… Je suis en plein milieu
de la travée du milieu, c’est pas franchement la classe mais le gars à ma
droite passe les 2/3 de son temps debout, donc ça va…
J’ai pour le moment vu Fauteuils
d’orchestre de Danièle Thompson avec Cécile de France et Valérie Lemercier,
entre autres. Un film sympa, pas bouleversant mais qui fait passer un bon
moment. Après ça Match Point, le Woody Allen avec Scarlett Johansson et
Jonathan Rhys Meyers. Vraiment, vraiment pas un Woody Allen habituel. On aurait
presque dit un film de commande. Mais bon, c’est pas pour autant que j’ai pas
apprécié, bien au contraire. C’est malsain, mais bien ! Ensuite
Essaie-moi, le film de Pierre-François Martin-Laval (des Robins des bois), qui
m’a pas mal déçu. Des passages drôles, mais très irréguliers. Et un peu trop
nunuche. (fait exprès, peut-être, mais trop !)
Et là, en écrivant, je re-regarde un
peu Brokeback Mountain. C’est quand même un film dur….
Bien et maintenant, c’est sans doute
l’heure du bilan…
Pas évident, je ne sais pas trop par où
commencer.
(Ah !
y a la musique que j’aime dans Brokeback ! Ouais bon, rien à voir…)
Alors
les plus :
+Content
de revenir
+2
semaines avec Greg, Sarah et un peu Jo, c’était marrant, ça m’a fait plaisir de
pouvoir déconner avec Greg, ça faisait longtemps…
+Des
moments très sympas avec des japonais rencontrés au cours du voyage, à
Hirosaki, Kyôto un peu…
+Des
coins vraiment, vraiment agréables à visiter.
+Pendant
trois semaines, loin de Paris, loin du futur et de toutes les choses qui me
mettent à cran dès que j’y pense, c’était bien.
Les
moins :
-Le
contact avec les réalités pénibles à vivre inhérentes à un peuple insulaire et
qui se veut tel… Déjà certaines histoires de Greg au boulot dignes de Stupeur
et tremblement (je critiquerai peut-être moins le bouquin dans le futur), et
puis bon, un gars qui nous insulte au matsuri d’Asakusa en nous disant
« rentrez chez vous, sales singes, laissez notre terre pure, sales
gaijins, etc. » Bourré, mais je ne vois pas trop ce que ça excuse, ça
explique juste pourquoi il a osé le dire alors qu’en face il y avait trois
gaijin qui faisaient tous une tête de plus que lui…
En tout cas ça fait plaisir ! On
comprend un peu mieux (de façon ponctuelle bien sûr) ce que c’est de vivre le
racisme, intéressant…
-Je
n’ai pas vu tout ce que je voulais voir, Kuroishi et Takayama par exemple,
c’est dommage.
-Pas
eu l’occasion d’être dans une famille japonaise, et ça m’a vraiment manqué,
j’aurais vraiment aimé voir les Arata. (ma famille d’accueil habituelle)
-Maintenant,
il faut revenir à la dure réalité, et ça va être (trop ?) dur.
Pas de regret d’y être allé, bien sûr.
Un voyage, c’est toujours bon à prendre. Mais peut-être un bilan humain plus
mitigé que les autres fois. Pas peut-être, sûrement même.
J’aime toujours le Japon, j’ai
peut-être encore moins envie d’y vivre pendant même une courte période. Mon
opinion sur les japonais en a subi un coup, mais heureusement, heureusement,
j’en ai connu d’autres avant, et quelques rencontres m’ont permis de me
rappeler ces bons moments.
Et au bout du compte, c’est ce qu’il
faut faire, non ? Se souvenir de ce qui était bien, et s’y tenir, s’y
cramponner, tout en gardant l’esprit lucide et sans se faire trop d’illusions.
(on
vient de manger le euh… goûter ? et j’ai pas eu droit à mon thé…
Aaah ! Les salauds !)
Bon eh bien voilà. Ce sera tout, c’est
sans aucun doute la fin de ce petit journal. On va atterrir dans moins d’une
heure, Brokeback est fini, je n’aurai plus qu’à sortir de l’avion, récupérer
mon bagage, passer la douane, prendre le RER, le métro, et puis…
Et puis je serai tout seul dans ma
chambre, à Paris. Et ça va pas être forcément facile… Mais voilà, c’est tout.
Commentaires
Le mot de la fin
Joli récit mon petit Kuro.
Tu n'as pas perdu ta plume et je me suis régalé a suivre ton périple. Ca fait resortir de vieux souvenirs dont l'inoubliable voyage de l'été 2003 et ca donne envie. Dommage que nous n'ayons pas pu tous partir en même temps : toi, Greg, Nico et moi avec Jo en plus, ca aurait été énorme !! On se rattrapera sur Nice !
++
Franck aka Tchouty
Merci beaucoup ^^. C'est vrai que c'est dommage, mais on se refera ça un jour, c'est obligé :p (tant que tout le monde est jeune et célibataire sans enfants ^^... sinon quand on sera tous à la retraite ;) )
Enfin déjà vous allez bien vous éclater cet été, franchement c'est obligé ^^.
moi, je trouve que t'as perdu en synthèse par rapport au lycée. Mais c'est vrai que durant les millions d'heures de trajet tout seul, on se laisse emporter par la fougue :)
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